Le 15 octobre 2023, Narges Mohammadi, la lauréate du Prix Nobel de la paix 2023, a été libérée sous caution en Iran après une détention prolongée qui a gravement affecté sa santé. Emprisonnée depuis décembre dernier, elle a été transférée à Téhéran pour recevoir des soins médicaux appropriés, selon son époux, Taghi Rahmani, qui a exprimé ses préoccupations quant à son état de santé précaire.
EN BREF
- Narges Mohammadi, militante des droits humains, a été libérée sous caution en Iran.
- Sa santé s’est gravement détériorée durant son emprisonnement.
- Les États-Unis ont demandé sa libération pour recevoir des soins médicaux.
Âgée de 54 ans, Narges Mohammadi est une figure emblématique de la lutte pour les droits des femmes en Iran. Elle s’oppose à la peine de mort et au port obligatoire du voile, critiquant ouvertement le régime en place depuis la révolution islamique de 1979. Son arrestation, survenue le 12 décembre 2022 à Mashhad, a été le résultat de ses critiques répétées à l’égard des autorités religieuses iraniennes. Depuis, son état de santé a connu un déclin alarmant, la conduisant à subir deux crises cardiaques en prison.
Le transfert de Narges à Téhéran pour des soins médicaux a été confirmé par son avocat, Mostafa Nili, sur la plateforme X. Elle a bénéficié d’une suspension de peine, bien que le montant de la caution n’ait pas été précisé. Malgré ce transfert, son mari a averti que tout retour en prison serait inacceptable, compte tenu des conditions qui ont altéré sa santé physique et mentale.
La fondation de Narges Mohammadi a également fait savoir qu’elle nécessitait des soins spécialisés et a appelé à garantir qu’elle ne doive pas purger les 18 années restantes de sa peine. Son avocate à Paris, Chirinne Ardakani, a décrit l’impact de l’emprisonnement sur sa santé, signalant qu’elle avait perdu 20 kg et était devenue « méconnaissable » par rapport à son état antérieur.
En réaction à cette situation, les États-Unis ont exhorté l’Iran à libérer Narges pour lui permettre de recevoir les soins nécessaires. Riley Barnes, secrétaire d’État adjoint américain chargé des droits humains, a rappelé sur les réseaux sociaux que « le monde est témoin » des souffrances de Mohammadi.
Les enfants de Narges, Ali et Kiana Rahmani, vivent à Paris et n’ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans. Ils ont été honorés du Prix Nobel de la paix en son nom alors qu’elle était encore derrière les barreaux, soulignant l’importance de son combat pour les droits humains et la dignité des femmes en Iran.
La libération de Narges Mohammadi marque une étape significative dans la lutte pour la justice en Iran. Toutefois, les incertitudes demeurent quant à son avenir et à son bien-être, alors que la communauté internationale continue de surveiller de près la situation des droits humains dans le pays.