Avec la saison estivale qui bat son plein, les moustiques sont de retour, notamment en raison des conditions climatiques propices à leur prolifération. Alors que les produits contenant du DEET, un répulsif classique, dominent le marché, des chercheurs ont récemment proposé une alternative innovante qui pourrait transformer notre approche de la lutte contre ces insectes.
EN BREF
- Des chercheurs ont développé un nouveau répulsif à base de bactéries cutanées.
- Ce traitement pourrait offrir une protection contre les moustiques pendant plus de 11 jours.
- Le DEET, bien que populaire, pourrait attirer certains moustiques au lieu de les éloigner.
Le DEET, ou N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide, a été mis au point par l’armée américaine après la Seconde Guerre mondiale et est recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé. Cependant, son utilisation soulève des questions concernant sa toxicité et son impact environnemental. Bien qu’efficace pour bloquer les récepteurs olfactifs des insectes, notamment ceux détectant le dioxyde de carbone et l’acide lactique, sa durée d’action reste limitée à quelques heures.
Une équipe de scientifiques des universités de Californie à San Diego et de Stanford à Palo Alto a récemment publié une étude dans la revue PNA Nexus. Ces chercheurs ont mis en avant le rôle crucial du microbiome cutané dans la lutte contre les moustiques. En exploitant deux bactéries, Staphylococcus epidermidis et Corynebacterium amycolatum, ils ont réussi à réduire l’attractivité des mammifères hôtes pour les moustiques pendant plus de 11 jours.
Cette avancée pourrait révolutionner le marché des répulsifs anti-moustiques. Les chercheurs affirment que la modification du microbiome cutané pour diminuer les composés volatils attirants représente une stratégie innovante encore inexploitée. En effet, l’acide lactique, produit par ces bactéries, est un composé qui attire les moustiques. En réduisant sa présence, il est donc possible de rendre les individus moins susceptibles d’être piqués.
Cette nouvelle approche est d’autant plus pertinente que des études récentes ont mis en lumière l’éventuelle attraction des moustiques par le DEET. Des chercheurs de l’université de Tours ont observé que 60 % des moustiques tentaient de piquer dès qu’ils ressentent l’odeur de ce répulsif, remettant en question son efficacité. Claudio Lazzari, coauteur de l’étude, a souligné que les résultats démontrent que l’exposition répétée au DEET pourrait même le rendre attractif pour les insectes.
Face à ces conclusions, l’émergence d’un répulsif basé sur des bactéries pourrait donc constituer une solution durable et plus efficace pour se prémunir contre les piqûres de moustiques. En intégrant la recherche sur le microbiome cutané, cette méthode pourrait non seulement améliorer la protection individuelle, mais également réduire l’impact environnemental des produits chimiques utilisés traditionnellement.
Dans un contexte où les moustiques représentent un vecteur de nombreuses maladies, investir dans des solutions innovantes est primordial. La recherche sur ces nouveaux répulsifs pourrait non seulement rendre nos étés plus agréables, mais également contribuer à la santé publique en diminuant le risque de transmission de pathogènes.