Pesticides interdits dans des aliments courants : l’alerte de foodwatch

Une nouvelle étude de l’association de consommateurs foodwatch révèle une contamination alarmante des aliments quotidiens par des pesticides interdits. Malgré des avertissements répétés, les épices, le riz et le thé continuent d’être présents sur le marché avec des résidus inacceptables. Cette enquête, publiée le 19 mai 2026, a été menée sur 64 produits dans plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas.

EN BREF

  • 13 des 15 produits testés en France contiennent des résidus de pesticides.
  • Les paprikas Ducros et le riz thaï dépassent les limites autorisées.
  • Foodwatch appelle à interdire le commerce des pesticides non autorisés dans l’UE.

Dans le cadre de cette étude, foodwatch a examiné 15 produits disponibles sur le marché français, parmi lesquels plusieurs épices, différentes variétés de riz, ainsi que des thés. Parmi les résultats, 13 de ces produits ont montré des résidus de pesticides, dont 12 étaient des substances interdites. Seuls les vermicelles de riz de la marque Suzi Wan et le riz long grain Monoprix étaient exempts de toute contamination.

Les résultats les plus préoccupants proviennent du paprika doux moulu Ducros et du riz thaï de la marque Taureau Ailé. Ces deux produits dépassent les limites maximales de résidus autorisés, incitant foodwatch à exiger leur rappel immédiat. Les pesticides détectés incluent le chlorfénapyr pour le paprika et l’anthraquinone pour le riz thaï.

Cette situation n’est pas nouvelle. En 2024, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait déjà identifié les épices, le riz et le thé comme les produits alimentaires les plus contaminés par des résidus de pesticides non autorisés. Toutefois, l’Efsa n’avait pas précisé les marques concernées. Foodwatch, de son côté, a régulièrement mis en lumière cette problématique au cours des dernières années, en publiant des études sur la présence de résidus de pesticides dans divers aliments.

En 2022, par exemple, huit thés avaient été identifiés avec des substances interdites, dont un thé vert à la menthe contenant quatre pesticides non autorisés. À l’opposé, aucun résidu n’avait été trouvé dans les thés bio, ce qui souligne l’importance de choisir des produits de qualité. Concernant les épices, les currys, poivres et herbes de Provence s’étaient révélés particulièrement contaminés.

Les résultats sur le riz sont également inquiétants. En 2024, l’analyse avait révélé que les riz basmati et longs grains étaient les plus touchés, avec la présence d’isoprothiolane, un pesticide interdit dans l’Union européenne. Cela soulève une question cruciale sur la protection des agriculteurs européens par rapport à ceux d’autres régions du monde, où de telles substances continuent d’être utilisées.

Foodwatch a qualifié cette situation d’« effet boomerang » : des pesticides interdits en Europe sont exportés, puis retournent sur le marché européen, mettant en danger la santé des consommateurs. L’association demande donc à la Commission européenne d’adopter des mesures plus strictes, telles que l’abaissement des limites maximales de résidus non autorisés au seuil de détection. Elle appelle également à interdire le commerce de pesticides dont l’utilisation est prohibée dans l’Union européenne.

Foodwatch souligne que le double standard en vigueur expose les agriculteurs et consommateurs dans les pays tiers à des substances nocives, ce qui est moralement inacceptable. Pour renforcer la sécurité alimentaire, l’association réclame un durcissement des contrôles.

Les conclusions de cette étude rappellent l’urgence d’agir face à cette problématique persistante. Il est d’autant plus crucial de rester vigilant, notamment avec la loi Omnibus en cours d’adoption, qui pourrait affaiblir les règles concernant les limites de résidus, ainsi que les contrôles aux frontières et les évaluations de sécurité des pesticides.

La situation actuelle appelle à une réelle prise de conscience et à des actions concrètes pour protéger la santé des consommateurs européens.