Pierre-Jean Chalençon face à la justice pour ses propos racistes après la victoire du PSG

Une vidéo virale, publiée lors des célébrations de la qualification du Paris Saint-Germain pour la finale de la Ligue des champions, a conduit Pierre-Jean Chalençon à comparaître en justice. L’ancien chroniqueur d’Affaire conclue, âgé de 56 ans, doit répondre de ses propos tenus après des débordements survenus dans la capitale. Ses déclarations, jugées racistes, pourraient lui coûter bien plus qu’une simple polémique sur les réseaux sociaux.

EN BREF

  • Chalençon est convoqué le 13 janvier pour injure publique à caractère raciste.
  • Ses propos ont suscité des plaintes de la part de personnalités politiques et d’organisations.
  • Ce n’est pas la première fois que Chalençon se retrouve au cœur d’une controverse.

Le 7 mai, Pierre-Jean Chalençon publie une vidéo dans laquelle il s’en prend de manière virulente à ceux qu’il considère responsables des violences qui ont éclaté à Paris. Ces incidents, survenus après la qualification du PSG, ont entraîné des véhicules incendiés et un adolescent grièvement blessé. Face à ces images, Chalençon interroge : « Mais vous avez vu la violence de ces gens-là ? Est-ce que ce sont vraiment des sportifs ? » Il va ensuite beaucoup plus loin, utilisant des termes déshumanisants à l’égard d’une partie de la population.

Dans ce monologue, il déclare : « On n’en peut plus de tous ces islamistes. Vous êtes des islamistes. On n’en peut plus de cette religion de m****. Vous êtes écœurants, vous êtes des cancrelats, vous êtes des racailles. » Des propos qui ont suscité une vive indignation et qui n’ont pas tardé à avoir des répercussions judiciaires.

Le député LFI Thomas Portes a rapidement alerté la procureure de Paris, en s’appuyant sur l’article 40 du Code de procédure pénale. Parallèlement, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR) a décidé de porter plainte et de se constituer partie civile. Cette démarche vise à empêcher que l’affaire ne se limite à des réactions sur les réseaux sociaux. « Là où beaucoup d’affaires people s’arrêtent aux indignations, la Ligue a choisi le terrain judiciaire », a souligné un porte-parole.

La réaction des autorités judiciaires a été rapide : Chalençon est convoqué le 13 janvier devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour répondre de ses actes, notamment pour injure publique à caractère raciste et provocation publique à la haine.

Ce n’est pas la première fois que Pierre-Jean Chalençon est impliqué dans des controverses. En juin 2024, il avait déjà fait l’objet d’une plainte après une altercation avec une journaliste d’origine marocaine lors d’un dîner, où il aurait tenu des propos violents à son encontre. Ce passif pourrait jouer en sa défaveur lors du procès, compte tenu de la réputation sulfureuse qu’il traîne depuis de nombreuses années.

Chalençon, connu du grand public grâce à Affaire conclue, avait quitté l’émission de France 2 en 2020 après qu’une photo le montrant aux côtés de Dieudonné, lors d’un anniversaire de Jean-Marie Le Pen, avait été diffusée. Ce cliché avait entraîné la rupture de son contrat avec la chaîne publique, bien avant les événements récents.

Sur les réseaux sociaux, la diffusion de la vidéo a provoqué un tollé, suscitant entre indignation et appels à des sanctions sévères. Bien que d’autres personnalités médiatiques aient également déclenché des vagues d’indignation sans pour autant faire l’objet de poursuites judiciaires, le député Portes et la LDVR espèrent que cette fois-ci, des actions concrètes seront prises.

Le verdict du 13 janvier sera décisif pour Pierre-Jean Chalençon. Au-delà des mots, il s’agit de savoir si la justice répondra aux attentes de ceux qui réclament des sanctions. La ligne entre la polémique virtuelle et une véritable responsabilité judiciaire semble de plus en plus ténue.