À la fin de l’été, de nombreux propriétaires de piscines hors-sol se retrouvent face à une situation délicate : que faire de l’eau chlorée une fois la baignade terminée ? Si beaucoup choisissent de vider leur bassin en ouvrant simplement la vanne, ce geste peut entraîner des conséquences graves, tant sur le plan environnemental que légal.
EN BREF
- Vidanger une piscine hors-sol nécessite de respecter des règles précises.
- Un simple geste peut entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 1 500 euros.
- Une fois le chlore neutralisé, l’eau peut être utilisée pour arroser le jardin.
La bâche pliée, la structure démontée, il ne reste que l’eau. Pourtant, tout propriétaire de piscine doit être conscient que cette eau n’est pas simplement de l’eau. Elle contient des produits chimiques tels que le chlore, le brome et des algicides, qui, bien que efficaces pour désinfecter, peuvent nuire à la faune aquatique.
Chaque année, de nombreux propriétaires effectuent cette vidange, souvent en septembre, sans réfléchir aux conséquences. Pourtant, le Code de l’environnement précise que l’eau de piscine, une fois traitée, relève des eaux usées domestiques. Par conséquent, elle doit être évacuée via le réseau d’assainissement collectif, jamais dans le réseau pluvial, un fossé ou un cours d’eau.
La raison est simple : le réseau pluvial déverse directement dans les rivières sans filtration. Envoyer de l’eau chlorée à cet endroit revient à polluer délibérément un milieu naturel. Pour ceux dont la maison n’est pas raccordée au tout-à-l’égout, la vidange dans une fosse toutes eaux est généralement tolérée, à condition de respecter le volume que l’installation peut absorber.
Un aspect souvent ignoré par les propriétaires est le moment de la vidange. Les autorités sanitaires recommandent d’arrêter tout traitement chimique au moins une semaine avant de procéder à la vidange. Ce délai est essentiel pour permettre au chlore de se dégrader naturellement, évitant ainsi d’évacuer une eau encore chargée de produits actifs.
Avant la vidange, un test à la bandelette peut aider à vérifier le taux de chlore. Cela ne prend que quelques secondes et permet d’éviter des complications inutiles. Déverser de l’eau polluante dans le réseau pluvial ou un cours d’eau constitue une infraction au Code de l’environnement, exposant le propriétaire à une amende pouvant atteindre 1 500 euros, voire plus en cas de récidive.
Les signalements peuvent provenir de voisins, de contrôles municipaux ou de l’odeur de chlore qui traîne. À la rentrée, période de vidange, les contrôles se multiplient. Heureusement, il existe des solutions pour éviter de gaspiller cette eau. Une fois le chlore neutralisé, elle peut être utilisée pour arroser certaines zones du jardin, à condition d’éviter le potager et les plantes fragiles.
Les haies, le gazon et les massifs d’ornement tolèrent généralement ce type d’arrosage. Cela permet également d’économiser une ressource précieuse, surtout avec les restrictions d’eau qui se multiplient chaque été. Pour une vidange efficace, il est conseillé d’étaler le processus sur plusieurs heures afin de permettre au sol d’absorber l’eau sans provoquer de ruissellement.
Avant de procéder à la vidange, trois vérifications simples peuvent éviter des problèmes : stopper les traitements chimiques une semaine avant, tester le taux de chlore et choisir la bonne destination pour l’eau. Une fois ces étapes respectées, il ne reste qu’à noter la date du dernier traitement pour éviter toute confusion l’année suivante.
En somme, la gestion de la vidange de votre piscine hors-sol ne doit pas être prise à la légère. En respectant ces règles, vous protégez l’environnement tout en évitant des sanctions financières.