Le scrutin présidentiel péruvien, qui s’est tenu le 12 avril 2026, a été marqué par des perturbations logistiques significatives, affectant le vote de milliers d’électeurs. Malgré ces incidents, la candidate de droite, Keiko Fujimori, est donnée en tête des premières estimations à la sortie des urnes.
EN BREF
- Keiko Fujimori en tête des premières estimations des résultats électoraux.
- 63.000 électeurs privés de vote en raison de retards logistiques.
- Des accusations de fraude circulent malgré l’affirmation des autorités.
Lors de cette journée électorale, la situation s’est compliquée avec des retards dans l’acheminement du matériel électoral. Environ 63.000 électeurs n’ont pas pu voter, ce qui a conduit le Jury national électoral (JNE) à annoncer la réouverture de bureaux de vote lundi, de 7 heures à 18 heures.
Les électeurs ont fait face à de longues files d’attente devant des centres fermés, entraînant des frustrations croissantes. La police et des enquêteurs ont dû se rendre dans les locaux de l’Office national des processus électoraux (ONPE) pour enquêter sur les dysfonctionnements constatés.
Les premières estimations des résultats, fournies par les instituts Ipsos et Datum, laissent entrevoir un second tour prévu le 7 juin entre Keiko Fujimori et l’un des quatre autres candidats qui se disputent la deuxième place. Parmi eux, l’ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga et le candidat de gauche Roberto Sanchez.
Piero Corvetto, le chef de l’ONPE, a affirmé qu’il n’y avait « aucune possibilité de fraude », insistant sur la garantie que les résultats refléteraient fidèlement la volonté populaire. Toutefois, cette déclaration a été mise en doute par Rafael Lopez Aliaga, qui a dénoncé une « fraude électorale gravissime » et a appelé à une mobilisation citoyenne.
Les incidents survenus lors de ce scrutin s’inscrivent dans un contexte de forte agitation politique au Pérou, où la criminalité est en hausse. Le pays a connu un nombre record de 35 candidats à cette élection, reflétant un paysage politique fragmenté et une méfiance croissante envers les institutions.
Plus de 27 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, pour élire à la fois le président et les parlementaires. Ce scrutin marque également le retour d’un Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990. Les électeurs, comme Rocio del Rio, 57 ans, expriment leur scepticisme : « Nous choisissons notre candidat à la présidentielle, mais on sait que ce sera pour un temps limité ».
L’héritière de l’ancien président Alberto Fujimori, actuellement emprisonné pour corruption, a promis de « rétablir l’ordre » dans ses 100 premiers jours de mandat. Dans un contexte de flambée de crime, les candidats ont rivalisé de propositions radicales, y compris le rétablissement de la peine de mort.
Le scrutin a également mis en lumière les défis auxquels le Pérou fait face. Les homicides ont plus que doublé depuis 2018, atteignant environ 2.600 par an. Les plaintes pour extorsion ont été multipliées par huit, illustrant une crise de sécurité prégnante.
À l’heure actuelle, la classe politique péruvienne est profondément discréditée, marquée par des scandales de corruption. Huit présidents se sont succédé depuis 2016, dont la moitié ont été destitués par le Parlement. Cette instabilité politique soulève des inquiétudes quant à l’avenir du pays et à la capacité des dirigeants à restaurer la confiance des citoyens.
Le Pérou se trouve à un tournant décisif, avec des défis majeurs à relever dans un environnement électoral déjà complexe. Les résultats de cette élection, et les événements qui suivront, détermineront le sort du pays dans les mois à venir.