Prévenir la pédocriminalité : le dispositif STOP à la croisée des chemins

Face à l’urgence de la pédocriminalité, le dispositif STOP, géré par le ministère des Solidarités, se veut une réponse proactive. Ce service d’écoute et d’orientation, mis en place en 2020, a pour objectif de prévenir le passage à l’acte des personnes présentant une attirance pour les enfants. En permettant aux individus de se confier avant de commettre des actes répréhensibles, STOP ambitionne d’intervenir au cœur du problème.

EN BREF

  • Le dispositif STOP propose une écoute gratuite et confidentielle pour prévenir les actes pédocriminels.
  • En 2025, plus de 4 500 appels ont été reçus, majoritairement d’hommes âgés en moyenne de 37 ans.
  • Environ 150 signalements ont été adressés à la justice suite à des appels au dispositif en 2025.

Le 30 juin 2023, un jeune homme, conscient de ses pensées troublantes, a contacté le numéro STOP, témoignant de la volonté de ne pas passer à l’acte. À l’autre bout du fil, une équipe formée, dont le psychiatre Daniel Pinède, explique que l’objectif principal est d’intervenir avant que les pensées ne se transforment en actes. « STOP est là pour aider, nous orientons les appelants vers des professionnels qui vont évaluer la situation et proposer des soins », souligne-t-il.

Le dispositif, qui dispose de 35 antennes en France, n’est pas soumis à des pics saisonniers dans les appels, bien que le Dr Pinède note une augmentation des demandes ces dernières semaines. Cette tendance pourrait être liée à des affaires médiatisées, notamment celle de Lyhanna, une collégienne disparue fin mai 2023, retrouvée morte et violée peu après. Ce type de nouvelles tragiques attire l’attention sur la nécessité d’une intervention préventive.

Lors d’un échange avec un appelant, l’infirmière Géraldine Lenfant évoque un jeune homme dans la vingtaine, isolé socialement et dont le comportement l’a conduit à perdre son emploi dans le secteur périscolaire. Ce dernier confie sa proximité avec des enfants, tout en niant les gestes déplacés. Dans un cadre d’évaluation, il est convenu d’un rendez-vous pour un suivi plus approfondi, comprenant des discussions sur ses interactions sociales et son rapport à la sexualité.

Le dispositif STOP a pour but non seulement de fournir un soutien, mais aussi d’identifier les personnes à risque. Selon des études, entre 4 et 13 % de la population pourrait présenter un trouble pédophilique. Toutefois, la majorité de ces individus restent abstinents et ne passent pas à l’acte. Comme le précise le Dr Pinède, « tous les pédophiles ne sont pas des pédocriminels », mais il reste essentiel de leur offrir une prise en charge adaptée pour réduire les risques.

La mission de STOP inclut également la protection des mineurs. En 2025, environ 150 signalements ont été transmis à la justice à la suite d’appels reçus. Lorsque des situations d’urgence se présentent, comme un appel signalant un danger imminent pour un enfant, le protocole exige une intervention immédiate des autorités compétentes.

Géraldine Lenfant admet que la pression de devoir signaler des cas potentiellement graves est une responsabilité pesante : « Le plus stressant, c’est d’être sûr de ne pas passer à côté d’une urgence », partage-t-elle. Dans le cadre de la protection des enfants, des mesures doivent être prises lorsque la sécurité d’un mineur est en jeu.

Le dispositif STOP, par ses actions de prévention et d’intervention, se positionne comme un acteur clé dans la lutte contre la pédocriminalité. En offrant une écoute, il permet à ceux en détresse de trouver une voie de secours avant qu’il ne soit trop tard.