Une campagne de sensibilisation lancée début 2026 vise à prévenir la pédocriminalité en France. Initiée à l’occasion des cinq ans de la plateforme Stop, ce service téléphonique s’adresse aux personnes ayant des attirances sexuelles envers les enfants, avec pour objectif principal « d’éviter le passage à l’acte ».
EN BREF
- La plateforme Stop aide les personnes en proie à des troubles pédophiles.
- En 2025, 4 577 appels ont été reçus, dont 90 % d’hommes.
- La confidentialité est garantie, avec des mesures de signalement si nécessaire.
Ce numéro, le 0806 23 10 63, a été mis en place par le ministère de la Santé en 2020. Il répond à une véritable problématique de santé publique, car les estimations indiquent qu’entre 4 et 13 % de la population pourrait avoir des troubles pédophiles. Ce service se veut un recours pour ceux qui souhaitent se confier et obtenir de l’aide sans crainte de stigmatisation.
Walter Albardier, psychiatre au centre d’Île-de-France, précise que de nombreuses personnes hésitent à exprimer leurs préoccupations. « On peut avoir des gens qui vont nous dire : « en famille, avec mes neveux et nièces, j’ai été très mal à l’aise, j’ai eu des pensées sexuelles bizarres… Il faut que je chasse ça de ma tête, aidez-moi ! » » Cette demande d’aide est un pas important vers la prévention, selon lui.
En 2025, la plateforme a enregistré un total de 4 577 appels, dont 447 ont duré plus de cinq minutes. Un constat notable est que 90 % de ces appels proviennent d’hommes. Laure Vivier, du Criavs de Lyon, explique que les personnes intéressées par le service effectuent souvent plusieurs tentatives avant de réussir à composer le numéro. « On a noté que c’est à peu près trois ou quatre tentatives d’appel pour arriver jusqu’à nous », souligne-t-elle.
Les données scientifiques révèlent que 30 à 70 % des violences sexuelles sur mineurs seraient perpétrées par des personnes ayant une attirance pour les enfants. Cependant, cette attirance, bien que considérée comme un facteur de risque, ne mène pas systématiquement à des actes criminels. Les violences sont souvent le résultat de relations de pouvoir, de violence et de domination, plutôt que d’une simple attirance sexuelle.
Le dispositif Stop s’efforce de garantir la confidentialité des appels. Si un échange soulève des inquiétudes concernant un mineur, le personnel formé peut, après évaluation, signaler la situation au procureur de permanence. Mathias Poitau, psychologue au centre de Lyon, précise que « si, au cours d’un échange, on a une trop grande inquiétude pour un mineur potentiellement en danger, on contacte le procureur de permanence et on fait un signalement ». Ce mécanisme de protection vise à préserver la sécurité des enfants, tout en offrant un espace sécurisé pour ceux qui cherchent de l’aide.
En cette période où les affaires de violences sexuelles sont au cœur de l’actualité, la campagne de la plateforme Stop souligne l’importance d’une approche préventive. En encourageant les personnes concernées à demander de l’aide, ce dispositif contribue à créer un environnement plus sûr pour les enfants et à réduire les risques d’actes pédocriminels.