Le Livret A, un produit d’épargne prisé par les Français, pourrait prochainement voir son attrait diminuer pour certains épargnants. En effet, la Cour des comptes a publié une note en septembre 2026, proposant de fiscaliser les intérêts générés par les montants déposés au-delà du plafond de 22 950 euros. Cette mesure, bien que ciblée, pourrait marquer un changement significatif pour les détenteurs de livrets qui ont atteint ou dépassé ce seuil.
EN BREF
- La Cour des comptes propose de taxer les intérêts au-delà du plafond du Livret A.
- Cette mesure viserait principalement les épargnants disposant de sommes importantes.
- Une telle réforme pourrait rapporter 80 millions d’euros par an à l’État.
Le Livret A a longtemps été considéré comme un refuge pour l’épargne, en raison de sa fiscalité avantageuse : les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Cependant, la Cour des comptes estime que cet avantage profite principalement à des ménages ayant déjà une capacité d’épargne importante. La proposition vise à réévaluer ce traitement fiscal, en soumettant à l’impôt uniquement les intérêts générés par les dépôts excédentaires.
Cette initiative ne concernerait pas tous les épargnants, mais uniquement ceux dont les livrets affichent un solde supérieur au plafond réglementaire. Par conséquent, les intérêts issus des 22 950 euros maximum de dépôts resteraient exonérés, tandis que ceux issus de la partie excédentaire seraient soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
Cette proposition, si elle était adoptée, pourrait avoir un impact significatif sur les épargnants. Actuellement, environ 15 % des Livrets A dépassent le plafond fixé, représentant une part non négligeable de l’encours total. La Cour des comptes estime que la fiscalisation des intérêts au-delà du plafond pourrait rapporter environ 80 millions d’euros par an à l’État, soulignant ainsi l’enjeu financier de cette réforme.
En parallèle, la réflexion de la Cour des comptes dépasse le seul cadre du Livret A. Elle propose également de fiscaliser les intérêts au-delà des plafonds d’autres produits d’épargne réglementée, comme le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’épargne populaire (LEP). Ainsi, les épargnants devront être attentifs à leurs choix d’investissement, en particulier une fois leurs livrets réglementés atteints.
Pour ceux dont le Livret A reste en dessous du plafond, aucune conséquence directe n’est à prévoir. Les intérêts continueront d’être exonérés, mais cette réforme pourrait inciter de nombreux épargnants à réévaluer leur stratégie d’épargne. La question se pose alors : le Livret A reste-t-il toujours un placement attrayant si les intérêts peuvent être partiellement taxés en fonction des montants déposés ?
Il convient de rappeler qu’à ce jour, la recommandation de la Cour des comptes n’est pas une règle fiscale établie. Aucune taxation automatique des intérêts au-delà du plafond du Livret A n’est donc appliquée pour le moment. Cette proposition devra être débattue et votée par le Parlement avant d’aboutir à une quelconque mise en œuvre.
Dans un contexte économique où chaque euro compte, cette proposition pourrait avoir des répercussions importantes sur l’épargne des Français. La fiscalité des produits d’épargne reste un sujet sensible, et les décisions qui en découlent doivent être prises en tenant compte des intérêts de tous les épargnants.