Proposition d’une taxe unique de 20% sur les successions : enjeux et réactions

La question de la taxation des héritages est au cœur des débats politiques et sociaux en France. Récemment, le Think Tank GénérationLibre a avancé une proposition audacieuse : instaurer une taxe unique de 20% sur toutes les successions et donations dépassant un abattement de 100 000 euros. Cette initiative vise à simplifier le système actuel, jugé trop complexe par de nombreux Français.

EN BREF

  • GénérationLibre propose une taxe unique de 20% sur les héritages au-delà de 100 000 euros.
  • Les candidats à l’élection présidentielle expriment des opinions divergentes sur ce sujet.
  • Des Français dénoncent une injustice liée à la taxation des héritages.

Un système complexe à simplifier

Kevin Brookes, politologue et directeur de GénérationLibre, a défendu cette proposition lors de l’émission Estelle Midi ce lundi 2 novembre 2026. Il a souligné la nécessité de rendre le processus de succession moins intimidant. « Nous voulons que, le jour où vous faites votre testament, vous pensiez à qui vous souhaitez être généreux sans avoir à vous soucier des formalités fiscales », a-t-il expliqué.

Actuellement, le système de taxation des successions en France est complexe, avec des barèmes et des taux variables selon le lien de parenté entre le défunt et l’héritier. Brookes plaide pour une approche plus équitable, permettant à chacun de faire des dons sans craindre des complications administratives.

Les réactions des politiques

À l’approche de l’élection présidentielle, la question des droits de succession suscite de vives réactions parmi les candidats. Jean-Luc Mélenchon souhaite une taxation agressive des héritages au-delà de 12 millions d’euros, tandis que Raphaël Glucksmann propose de surtaxer les « méga-héritages » dépassant 2 millions d’euros. À l’opposé, Gabriel Attal et Édouard Philippe se montrent réticents à toute nouvelle taxe, plaidant pour des donations de leur vivant.

Le Rassemblement National, quant à lui, propose de supprimer complètement les impôts sur les héritages directs pour les familles modestes et de la classe moyenne, sans toutefois préciser les seuils concernés. Cette diversité d’opinions reflète la complexité de la question et les enjeux politiques qui l’entourent.

Un sentiment d’injustice parmi les Français

Du côté des citoyens, les opinions divergent également. Jacques, un retraité de 81 ans, a exprimé son indignation sur RMC Story, qualifiant cette taxation de « scandale » et de « vol en bande organisée ». Pour lui, il s’agit d’une atteinte à un patrimoine déjà soumis à des prélèvements fiscaux. Ce sentiment est partagé par de nombreux Français qui estiment que l’État ne devrait pas intervenir dans les choix de transmission de patrimoine.

Kevin Brookes abonde dans le sens de Jacques, déclarant que l’État ne devrait pas s’immiscer dans les décisions personnelles des individus concernant leur héritage. Il propose de maintenir l’abattement actuel de 100 000 euros, tout en rêvant d’un scénario idéal où cet abattement pourrait atteindre 500 000 euros. « Nous partageons le constat que les impôts sont déjà trop lourds en France », conclut-il.

La proposition de GénérationLibre est donc à la fois une invitation à repenser la fiscalité des successions et un appel à la réflexion sur les valeurs de partage et d’équité. Alors que le débat s’intensifie, il reste à voir quelles mesures concrètes émergeront des discussions politiques à venir.