Quarante ans après l’accident de Tchernobyl, la question de la radioactivité dans certaines régions de France reste d’actualité. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a récemment communiqué des résultats alarmants concernant la présence de niveaux de radioactivité encore « plus élevés qu’ailleurs » dans plusieurs zones du pays.
EN BREF
- Des zones en France présentent des niveaux de radioactivité supérieurs à la moyenne.
- Les sols, herbages et certaines denrées alimentaires sont affectés.
- Les risques persistent notamment pour les denrées forestières.
Selon l’ASNR, ces zones de rémanence élevée (ZRE) incluent des départements tels que les Vosges, l’Alsace, la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l’est de la Corse, ainsi que les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques. Les préoccupations persistent « quarante ans après l’accident de Tchernobyl et la fin des essais atmosphériques d’armes nucléaires », comme le rappelle l’autorité dans son communiqué du 23 avril 2026.
Malgré une diminution des concentrations de césium 137 et de strontium 90 observée depuis plusieurs décennies, des denrées telles que le lait, les fromages et la viande bovine continuent d’être surveillées. En revanche, les denrées forestières, notamment les champignons et les viandes de gibiers, peuvent conserver des niveaux élevés de césium 137 durant de nombreuses années.
Cette situation révèle une grande variabilité de la radioactivité, notamment au sein même des communes concernées. L’ASNR a souligné que l’exposition au césium 137 présente des disparités significatives, rendant le suivi et la gestion de ces risques complexes.
En ce qui concerne les denrées agricoles, l’ASNR a indiqué qu’il n’existe pas de différences notables entre les produits issus des ZRE et ceux provenant d’autres régions. Cela est particulièrement vrai pour les légumes-feuilles, les pommes de terre et le blé, qui ne montrent pas d’augmentation significative de la radioactivité.
Dans un précédent rapport publié en 2025, l’ASNR a estimé que la dose efficace moyenne due aux retombées de l’accident de Tchernobyl en France était d’environ 1 microsievert par an pour un adulte vivant en milieu urbain, sans consommation de champignons sauvages ou de gibiers. Cependant, cette exposition peut atteindre jusqu’à 20 microsieverts dans les communes où les dépôts radioactifs étaient les plus importants, si l’individu passe plusieurs heures par jour dans des espaces naturels ou boisés.
Pour rappel, la valeur limite d’exposition aux rayonnements ionisants pour le grand public est fixée à un millisievert par an, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). À titre de comparaison, un vol aller-retour Paris-New York expose une personne à environ 80 microsieverts, tandis qu’une radio du thorax représente une exposition de 58 microsieverts.
Les résultats de l’ASNR soulignent une situation préoccupante qui nécessite une vigilance accrue, tant pour les autorités que pour les citoyens vivant dans ces zones. La gestion des risques associés à la radioactivité demeure un enjeu de santé publique majeur, quarante ans après l’une des plus grandes catastrophes nucléaires de l’histoire.