Le dispositif MaPrimeRénov’ est sur le point d’évoluer de manière significative. Bien que la décision ne soit pas encore officielle, le gouvernement prévoit de réduire drastiquement ces aides dès la rentrée de septembre. Cette initiative a été présentée lors d’un décret et d’un arrêté soumis au Conseil national de l’habitat, qui a émis un avis défavorable le 2 juillet 2026. Toutefois, l’exécutif, désireux de réaliser des économies, peut choisir de passer outre cet avis consultatif.
EN BREF
- Le gouvernement envisage de réduire les aides MaPrimeRénov’ à partir de septembre 2026.
- Certains travaux, notamment ceux réalisés « par geste », ne seront plus éligibles.
- Une inquiétude croissante parmi les acteurs du logement face à ces changements.
Cette réforme vise à modifier le dispositif MaPrimeRénov’ « par geste », qui permettait jusqu’à présent le financement de travaux isolés tels que l’isolation ou l’installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC). À l’avenir, l’aide sera concentrée sur les travaux jugés les plus efficaces pour améliorer la performance énergétique des logements. Ainsi, plusieurs projets qui pouvaient bénéficier d’un soutien financier pourraient ne plus être éligibles.
Il est prévu que les aides pour certains travaux « par geste » disparaissent. Parmi ceux-ci, on peut citer :
- Appareils au bois, dont l’éligibilité sera avancée au 1er septembre 2026, alors qu’elle devait initialement prendre fin en octobre de la même année.
- Les chauffe-eau thermodynamiques, qui ne seront plus aidés via MaPrimeRénov’, mais bénéficieront d’une prime énergie améliorée dans le cadre des Certificats d’économie d’énergie (CEE).
- Les travaux dans les logements classés F ou G, qui ne bénéficieront plus d’aides pour des interventions isolées, bien que l’interdiction soit repoussée à janvier 2028.
La Confédération nationale du logement (CNL) a exprimé son inquiétude le 29 juin 2026, appelant à « le retrait immédiat de cette réforme » et à la nécessité d’un plan massif de rénovation thermique des logements privés et sociaux. Audrey Zermati, directrice stratégie du groupe Effy, a également déploré cette décision, indiquant qu’elle pourrait entraîner un afflux de demandes de dernière minute pour des travaux bientôt exclus de l’aide. Ce scénario rappelle la suspension des aides pour les rénovations globales durant l’été 2025, qui avait déjà provoqué un engorgement des demandes.
Un autre changement notoire prendra effet le 1er septembre 2026. Il concerne MaPrimeRénov’ d’ampleur, dédiée aux passoires énergétiques. Il ne sera plus possible d’en bénéficier si l’on conserve une chaudière au gaz dans le logement. Cette mesure, intégrée dans le plan Électrifions la France, vise à réduire la dépendance des ménages au gaz. Une interdiction similaire avait déjà été mise en place pour les chaudières au fioul.
Ces modifications soulèvent de nombreuses questions parmi les propriétaires et les professionnels du secteur. Alors que le gouvernement cherche à rationaliser les aides, la crainte d’une diminution de l’engagement en faveur de la rénovation énergétique se fait ressentir. Les implications de ces changements pourraient avoir un impact considérable sur la manière dont les rénovations sont envisagées à l’avenir.