Refus de la cour d’appel de Paris de rouvrir l’enquête sur Luc Besson

La question de la réouverture de l’enquête sur Luc Besson, réalisateur français, demeure sans réponse. Ce mardi 23 juin, la cour d’appel de Paris a décidé de ne pas rouvrir le dossier concernant les accusations de viol portées par l’actrice belgo-néerlandaise Sand Van Roy. Cette décision fait suite à un non-lieu prononcé en 2023, qui avait déjà clos cette affaire complexe, comme l’a confirmé l’avocat de Besson, Me Thierry Marembert.

EN BREF

  • La cour d’appel de Paris refuse de rouvrir l’enquête sur Luc Besson.
  • Sand Van Roy a déposé une plainte pour viol en 2018, suivie par d’autres accusations.
  • Un pourvoi en cassation sera déposé par l’avocat de la plaignante.

Les accusations de Sand Van Roy, qui datent de mai 2018, sont particulièrement lourdes. L’actrice affirme avoir été victime d’une pénétration digitale par Luc Besson dans un hôtel parisien, incident qui aurait entraîné un évanouissement. Selon ses déclarations, cette agression aurait eu lieu alors qu’elle exprimait son souhait d’arrêter. Des constatations médicales faites le jour même auraient, selon elle, corroboré sa version des faits.

Deux mois après sa première plainte, Sand Van Roy a élargi son accusation en déclarant que d’autres viols et agressions sexuelles avaient eu lieu entre 2016 et 2018. Elle a évoqué une relation d’emprise professionnelle, marquée par des menaces sur sa carrière d’actrice. De son côté, Luc Besson a reconnu avoir eu une relation extraconjugale avec l’actrice, mais a soutenu qu’il s’agissait d’un rapport consenti, décrit comme empreint de « douceur ».

L’enquête initiale a été classée sans suite en février 2019. En octobre de la même année, une juge d’instruction a été saisie, mais c’est en décembre 2021 que la décision de non-lieu a été rendue. Cette décision a été confirmée en appel en mai 2022, et la Cour de cassation a également maintenu ce non-lieu en juin 2023.

Malgré ces décisions judiciaires, Sand Van Roy et son équipe juridique espéraient rouvrir l’enquête à la suite d’analyses ADN effectuées sur un sous-vêtement. En février, le parquet général avait requis la réouverture de l’affaire, considérant que ces éléments constituaient des charges nouvelles susceptibles d’engendrer des investigations supplémentaires.

Cependant, lors de l’audience, la procureure avait soulevé des doutes sur la définition de ce qu’elle considérait comme une charge nouvelle, laissant ainsi le soin aux juges de trancher. Finalement, la cour d’appel a rejeté l’argumentation de la plaignante ainsi que les réquisitions du parquet général.

Me Thierry Marembert, avocat de Luc Besson, a exprimé sa satisfaction suite à cette décision. Il a rappelé que durant les cinq années d’enquête, plusieurs magistrats avaient conclu à l’innocence de son client. Il a également souligné que la relation entre Besson et Van Roy avait duré plusieurs années, sans qu’aucun élément n’ait pu établir l’absence de consentement de la plaignante.

En opposition, Me Antoine Gitton, représentant Sand Van Roy, a annoncé qu’un pourvoi en cassation serait interjeté immédiatement. Il a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une « non-justice », affirmant que cette décision ne saurait être acceptée.

Cette affaire illustre les tensions autour des questions de consentement et de pouvoir dans le milieu du cinéma, un sujet qui continue de susciter des débats passionnés et des répercussions au-delà des salles de tribunal.