Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce jeudi 15 octobre, en condamnant Rémy Daillet, instigateur d’un groupuscule d’ultradroite, à une peine de six ans de prison avec maintien en détention. Cette décision fait suite à son implication dans l’enlèvement de la petite Mia Montemaggi en 2021, un acte qualifié de « projet terroriste » par la cour, qui a souligné le caractère autoritaire et violent de ses actions.
EN BREF
- Rémy Daillet, responsable de l’enlèvement de Mia, condamné à six ans ferme.
- Treize co-prévenus reçoivent des peines aménageables, sauf Robert K. absent.
- Le tribunal souligne le caractère antisémite et raciste du groupe.
Lors de ce procès, le tribunal a également prononcé des peines à l’encontre de treize autres prévenus, la plupart bénéficiant de peines aménageables sous bracelet électronique. À l’exception de Robert K., un des complices vivant aux États-Unis, qui a écopé de deux ans de prison avec mandat d’arrêt. Par ailleurs, Lola M., la mère de Mia, a été condamnée à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire, assortis d’une obligation de soins.
Les prévenus ont tous adhéré à l’idéologie promue par Daillet, un ancien cadre du Modem en Haute-Garonne. Âgé de 60 ans, il avait structuré un réseau clandestin d’ultradroite depuis la Malaisie, où il était expatrié avant son expulsion en 2021. Son groupe, qui a émergé en pleine crise sanitaire liée au Covid-19 et dans le contexte des Gilets jaunes, se caractérisait par des idées profondément antisémites et racistes.
Le président du tribunal, Christophe Valente, a décrit les membres du groupe comme des « personnalités fragiles », soulignant leur tendance à se rassembler autour de théories complotistes. Le parquet antiterroriste avait précédemment décrit l’ensemble comme un groupe hétérogène, capté par un délire complotiste.
Le dossier a révélé un éventail d’objectifs extrêmes, allant de l’attaque de loges maçonniques à la restitution d’enfants pris en charge par les services sociaux. Daillet prônait sur sa chaîne YouTube, qui comptait 35 000 abonnés, un « État fort » et appelait au renversement pacifique ou violent du gouvernement.
Parmi les projets du groupuscule, des actions violentes étaient envisagées, y compris des colonnes armées se dirigeant vers Paris. Des plans pour attaquer des personnalités publiques, y compris des responsables politiques comme Édouard Philippe, étaient également évoqués. Daillet avait réussi à rassembler autour de lui des profils divers, allant de militaires à des intermittents du spectacle, renforçant ainsi son influence.
Les membres du groupe ont également été impliqués dans des actes de sabotage, comme la destruction de deux antennes-relais 5G près d’Aix-en-Provence. Ces actions ont servi d’entraînement avant l’enlèvement de Mia, qui a été kidnappée en avril 2021, retrouvée cinq jours plus tard dans un squat avec sa mère, après avoir été placée chez sa grand-mère en raison de négligences parentales.
La brutalité de cette affaire a mis en lumière l’angoisse croissante face aux groupes extrémistes qui exploitent des crises sociétales pour diffuser leur idéologie. Le verdict du tribunal marque une étape importante dans la lutte contre le radicalisme et la violence politique de l’ultradroite.