Le 27 septembre, lors de sa visite en France, le pape Léon XIV a rencontré en privé sept victimes de violences sexuelles au sein de l’Église, à Lourdes. Cet échange a été marqué par une intense émotion et a permis au souverain pontife de reconnaître le caractère « systémique » de ces abus, indiquant une prise de conscience majeure selon les participants.
EN BREF
- Le pape a rencontré sept victimes de violences sexuelles à Lourdes.
- Les victimes se sont senties écoutées et reconnues par le souverain pontife.
- Des attentes claires restent pour des actions concrètes à venir.
À l’issue de cette rencontre, les victimes ont tenu une conférence de presse, partageant leur satisfaction d’avoir été « vraiment écoutées ». Jean-Marie Delbos, ancien élève de Notre-Dame-de-Bétharram, a témoigné de son soulagement face à cette écoute. À 79 ans, il a raconté avoir été victime d’abus sexuels de la part d’un prêtre entre ses 10 et 15 ans.
Il a déclaré : « C’est un gars plein d’humanité ». Bien qu’aucune promesse n’ait été faite par le pape, Jean-Marie Delbos a ressenti une connexion forte durant l’échange. « Je lui ai raconté mon histoire de A à Z. Faut pas se leurrer, il n’a pas fait de promesse, mais on a senti qu’il nous avait écoutés. Il nous a donné sa bénédiction et j’ai fait le signe de croix, que j’avais décidé de ne plus jamais faire. J’ai senti qu’il était avec nous », a-t-il ajouté, visiblement ému.
La rencontre a également été marquante pour Jérôme Guillement, une autre victime qui a fait part de son espoir suite à cette entrevue. « La qualité d’écoute du pape a été très appréciée. Même si aucun pardon n’a été exprimé au nom de l’institution, cette reconnaissance pourrait changer la donne », a-t-il déclaré. Véronique Garnier, abusée à l’âge de 13 ans, a trouvé l’échange « simple, profond et en même temps doux ».
Les victimes ont souligné que cette rencontre n’est qu’une étape. Elles insistent sur la nécessité de poursuivre le travail engagé concernant les violences sexuelles. Véronique Garnier a précisé : « On ne va pas lâcher. Il y a quelque chose déjà entamé, on n’est pas comme il y a 15 ans mais c’est loin d’être parfait. Il faut continuer de travailler, et il était d’accord avec ça ».
À l’issue de cette rencontre, les attentes sont désormais élevées. Le pape a demandé aux évêques de poursuivre leurs efforts pour traiter cette question délicate. Les victimes espèrent que des actions concrètes suivront cette rencontre, qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les abus au sein de l’Église.
Lourdes a donc été le théâtre d’un moment fort, où la voix de ces victimes a trouvé un écho inattendu. Le chemin reste long, mais l’espoir semble renaître dans les cœurs des personnes qui ont tant souffert.