Rescapé de l’Annapurna : le calvaire de Dawa Nurbu Sherpa et ses mains gelées

Le 19 avril 2026, Dawa Nurbu Sherpa, un alpiniste chevronné, a vécu un véritable cauchemar en redescendant du sommet de l’Annapurna. Après avoir atteint l’un des sommets les plus mortels de la planète, il a perdu son chemin et a passé plus de 48 heures seul dans la « zone de la mort », à une altitude où la survie est un défi quotidien. Les circonstances de son sauvetage révèlent les dangers inhérents à l’alpinisme dans cette région, mais aussi la résilience de l’esprit humain face à l’adversité.

EN BREF

  • Dawa Nurbu Sherpa a été perdu pendant 48 heures après avoir atteint le sommet de l’Annapurna.
  • Retrouvé par un guide, il a subi de sévères gelures aux mains, témoignant des dangers de l’ascension.
  • Ce drame souligne les risques liés à l’alpinisme et la solidarité entre les guides en haute montagne.

L’Annapurna, à 8 091 mètres d’altitude, est tristement reconnu pour son taux de mortalité élevé. Environ un grimpeur sur trois n’en revient pas. C’est dans ce cadre que Dawa Nurbu Sherpa, travaillant pour l’agence 8K Expeditions, a atteint le sommet aux côtés de Richard Markus, un guide suisse. Bien que la montée se soit bien déroulée, la descente a rapidement tourné au désastre lorsque Dawa a perdu le contact avec son groupe dans un couloir étroit, obscurci par la glace et le brouillard.

Les équipes de secours ont été alertées, mais la situation était délicate. Un hélicoptère a tenté de localiser Dawa, mais les conditions climatiques extrêmes rendant cette opération presque impossible. Les vents violents et les températures glaciales, tombant en dessous de -30 °C, ont compliqué la recherche. Pendant ce temps, Dawa a dû lutter pour sa survie, seul, perdu entre le camp IV et le sommet.

Il a finalement été retrouvé par le guide Ashok Lama à environ 7 700 mètres d’altitude. Ce sauvetage a illustré la valeur de l’instinct et de l’expérience humaine dans des situations où la technologie échoue. Ashok a ensuite aidé Dawa à rejoindre le camp III, où un second hélicoptère a pu l’évacuer vers la vallée.

Bien que les nouvelles initiales aient rassuré quant à l’état de santé de Dawa, ses mains portent les cicatrices de son épreuve. Les gelures profondes sont visibles sur des photos diffusées par Everest Today, illustrant la brutalité des conditions rencontrées. Les blessures témoignent d’un combat acharné pour survivre, remettant en question le terme « légères gelures » utilisé par certains.

Dawa a été hospitalisé au CIWEC Hospital and Travel Medicine Center de Pokhara, un établissement spécialisé dans la prise en charge des alpinistes blessés. Le pronostic concernant ses mains reste incertain, mais les gelures à cette altitude entraînent souvent des amputations.

Il est peu connu que l’Annapurna est encore plus dangereux que l’Everest. Les pentes de l’Annapurna sont sujettes à de grandes avalanches et ses conditions météorologiques peuvent changer rapidement. Les expéditions commerciales sur ces sommets se multiplient chaque année, attirant de nouveaux aventuriers, mais la réalité de l’alpinisme est souvent masquée par les images spectaculaires de sommets atteints.

Un point intrigant demeure dans cette histoire : Richard Markus, le client de Dawa, semble être revenu au camp sans encombre. Les circonstances de leur séparation restent floues. Cela soulève des questions sur la responsabilité d’un client envers son guide lors de telles expéditions. En haute montagne, chaque décision peut avoir des conséquences fatales.

La survie de Dawa Nurbu Sherpa est un soulagement, mais ses blessures rappellent une réalité souvent ignorée : l’alpinisme est un affrontement constant avec la nature, et dans la zone de la mort, le corps humain n’est pas à l’abri des dangers. La montagne, par sa beauté, impose un respect et une humilité infinie.