Rétablissement partiel de l’accès à internet en Iran après trois mois de coupure

Après près de trois mois de coupure quasi-totale, l’accès à internet en Iran a été partiellement rétabli ce mardi. Cette décision fait suite à une interruption massive des réseaux internationaux, conséquence directe de la guerre déclenchée le 28 février par l’attaque israélo-américaine.

EN BREF

  • Accès à internet partiellement rétabli en Iran après 2.093 heures d’isolement.
  • Les utilisateurs continuent d’utiliser des VPN pour accéder aux réseaux sociaux.
  • Rétablissement lié aux négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre.

Selon l’ONG NetBlocks, spécialisée dans la cybersécurité, « les données en temps réel montrent un rétablissement partiel de la connectivité en Iran ». Ce rétablissement marque une première étape vers un accès libre et régulé au cyberespace, comme l’a indiqué le vice-président iranien Mohammad Reza Aref sur X. Il a également ajouté que cette mesure répondait aux demandes des citoyens iraniens.

Une habitante de Kermanshah, 22 ans, a partagé son expérience avec l’AFP, affirmant qu’elle pouvait désormais ouvrir des sites internet internationaux. Cependant, elle a précisé qu’il lui était toujours nécessaire d’utiliser un VPN pour accéder aux réseaux sociaux. Un autre utilisateur basé à Téhéran a également signalé que son entreprise retrouvait l’accès à internet, bien que la connexion mobile restait coupée.

Le rétablissement de la connectivité intervient dans un contexte de tensions politiques. Lundi, alors que des discussions avaient lieu entre Téhéran et Washington pour mettre un terme à la guerre, le président Massoud Pezeshkian, considéré comme modéré, avait ordonné ce retour à l’accès à internet. Toutefois, cette tentative de détente a été assombrie le lendemain par l’annonce de la justice iranienne, qui a suspendu cette mesure après des plaintes déposées par le Quartier général spécial pour l’organisation et la gouvernance du cyberespace national.

Il est important de noter que la décision finale concernant l’accès à internet revient au Conseil suprême de sécurité nationale, dirigé par des membres considérés comme des durs. Le parlementaire Yaghoub Rezazadeh a souligné que le président n’avait pas la compétence nécessaire pour prendre de telles décisions.

Depuis le début des grandes manifestations en janvier dernier, l’accès à internet international avait été complètement interrompu, avant d’être partiellement rétabli, puis de nouveau suspendu fin février. Doug Madory, responsable chez Kentik, a averti sur X qu’il serait prématuré de considérer ce rétablissement comme un retour à la normale. « L’Iran a encore un long chemin à parcourir pour retrouver les niveaux de trafic d’avant le 8 janvier », a-t-il précisé.

Au cours de la guerre, la population a principalement eu accès à un intranet local, permettant seulement de se connecter à des sites nationaux, des services bancaires et des applications approuvées par l’État. Les secteurs économiques, notamment les hautes technologies et le commerce en ligne, ont subi de lourdes conséquences. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, avait précédemment indiqué que la situation reviendrait à la normale lorsque « l’ombre de la guerre aura disparu », mettant en avant les menaces perçues des États-Unis et d’Israël sur la sécurité du pays.

Récemment, l’Iran a mis en place un système d’accès conditionnel à internet, dénommé « Pro Internet », qui offre un accès plus large à certains professionnels et entreprises, moyennant des frais plus élevés. Cette initiative souligne encore les défis auxquels le pays est confronté pour normaliser la situation d’accès à internet.