Sébastien Lecornu annonce des mesures après le rapport sur l’affaire Lyhanna

Ce lundi 22 juin, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole suite à la remise de l’enquête administrative relative aux dysfonctionnements dans le suivi judiciaire du suspect de l’affaire Lyhanna, tragiquement décédée dans le Gers. Lors de cette allocution, il a souligné les manquements ayant eu des conséquences dramatiques et a confirmé l’adoption de trois premières mesures.

EN BREF

  • Lecornu annonce des mesures suite à l’affaire de la collégienne Lyhanna.
  • Des actes d’enquête obligatoires dans le cadre des plaintes pour viol sur mineur.
  • Des sanctions possibles pour le suspect Jérôme Barella, déjà visé par d’autres plaintes.

Parmi les mesures phares, le Premier ministre a déclaré vouloir rendre obligatoires les actes d’enquête dans les trois mois suivant une plainte pour viol sur mineur. Cette décision intervient alors que 70 000 plaintes sont actuellement réexaminées. Il a également insisté sur la nécessité de garantir aux parents une information claire concernant l’identité des adultes responsables des enfants lors des activités périscolaires.

Enfin, Sébastien Lecornu a plaidé pour que les violeurs en série de mineurs puissent être condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Ces propositions, déjà esquissées par le gouvernement après la découverte du corps de Lyhanna, seront intégrées au projet de loi sur la protection de l’enfance, qui sera prochainement débattu au Parlement.

Le rapport, qui a été rédigé par l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la justice (IGJ), a mis en lumière une série de dysfonctionnements dans le traitement de la plainte déposée par la mère d’une autre victime, Rosa, âgée de 10 ans. Cette plainte, qui accuse Jérôme Barella de viol, n’a pas été traitée avec l’urgence requise, exacerbant les enjeux autour de cette affaire.

Stéphane Noël, chef de l’IGJ, a détaillé que la plainte de Rosa n’avait pas été considérée comme une procédure prioritaire, entraînant un retard significatif dans son traitement. Ce manque de réactivité a permis à Jérôme Barella, déjà sous le coup de plusieurs accusations pour agressions sexuelles, de rester en liberté.

Le rapport souligne que le caractère sensible de la procédure n’a pas été relayé, ce qui a contribué à des erreurs de suivi tant du côté du parquet que de la gendarmerie. Cette situation a suscité une réaction vive au sein de la société, et le gouvernement se retrouve sous pression pour apporter des solutions concrètes et rapides.

Face à l’indignation provoquée par le viol et la mort de la jeune Lyhanna, le rapport a été publié après anonymisation et sera complété par de nouvelles investigations. Celles-ci viseront également d’autres plaintes adressées contre Jérôme Barella, ce qui pourrait entraîner des sanctions supplémentaires.

Dans ce contexte, la puissance publique s’engage à ne pas se défausser de ses responsabilités et à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour éviter que de tels drames ne se reproduisent à l’avenir.