Derrière les façades des campagnes électorales se trouvent souvent des luttes personnelles. C’est ce qu’a révélé Ségolène Royal lors de son passage sur la chaîne YouTube LEGEND. Dans un entretien poignant avec Guillaume Pley, l’ancienne candidate à la présidence a partagé les défis émotionnels qu’elle a dû surmonter tout en menant sa campagne présidentielle de 2007, notamment l’infidélité de François Hollande, père de ses quatre enfants.
EN BREF
- Ségolène Royal évoque l’infidélité de François Hollande pendant sa campagne de 2007.
- Elle parle des défis de la maternité face à la pression médiatique.
- Malgré la séparation, elle a soutenu Hollande lors de la primaire socialiste de 2011.
Alors qu’elle se battait contre Nicolas Sarkozy pour devenir la première femme présidente de la République, Ségolène Royal devait gérer une tempête personnelle. François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste, entretenait une liaison avec la journaliste Valérie Trierweiler. C’est dans ce contexte difficile qu’elle a dû naviguer, souvent dans le silence. “Je subis cette bigamie, ce que les Français ne voient pas”, a-t-elle déclaré, illustrant la solitude qu’elle ressentait à ce moment-là. “Je me tais. J’ai ça à subir pendant une campagne présidentielle, plus élever mes quatre enfants.”
Cette période de sa vie a eu un impact considérable sur son parcours personnel. Avec le recul, Ségolène Royal évoque sa résistance face à cette adversité. “J’ai subi ça donc je pense être quand même avoir une solidité intérieure assez hors du commun”, a-t-elle affirmé. Le rôle de François Hollande, tant sur le plan personnel que politique, était alors central. “C’est le premier secrétaire du PS qui est censé me soutenir, en tant que conjoint, père de mes enfants et premier secrétaire du PS”, a-t-elle rappelé.
Malgré leur séparation, officialisée après la présidentielle de 2007, Ségolène Royal a surpris en apportant son soutien à François Hollande lors de la primaire socialiste de 2011. “En 2012, je ne suis pas revancharde, je le soutiens contre Martine Aubry à la primaire”, a-t-elle déclaré. Ce choix a été motivé par le bien-être de ses enfants. “Je me suis dit que mes enfants avaient tellement pris sur eux dans cette campagne, je n’ai pas voulu les remettre dans un conflit. C’est pour eux que j’ai fait ce choix, pour leur épargner un conflit supplémentaire.”
Au cœur de ses préoccupations se trouvait toujours sa famille. Ségolène Royal, mère de Thomas, Clémence, Julien et Flora, a partagé avec émotion l’attitude de ses enfants durant cette période tumultueuse. “L’aîné s’est tout de suite mis en soutien de ma candidature”, se souvient-elle, tandis que les plus jeunes ont vécu cette exposition médiatique de manière différente. Aujourd’hui, elle se tourne vers l’avenir avec fierté. Grand-mère de cinq petits-enfants, Ségolène Royal observe le chemin parcouru par sa famille avec satisfaction. “Quand je vois les quatre avoir réussi leur vie, être rayonnants, tendres avec moi, avoir choisi leur carrière professionnelle à leur façon, je me dis ça va, j’ai raté la Présidentielle mais je n’ai pas raté mes enfants”, conclut-elle, un mélange d’émotion et de soulagement dans la voix.