La justice espagnole a rendu son verdict dans l’affaire qui oppose Shakira au fisc. Dans une décision marquante, le tribunal a ordonné le remboursement de plus de 55 millions d’euros à la célèbre chanteuse colombienne. Ce jugement met fin à un long feuilleton judiciaire, où la question de sa résidence fiscale en Espagne en 2011 était au centre des débats.
EN BREF
- Shakira obtient le remboursement de 55 millions d’euros par le fisc espagnol.
- La décision repose sur la non-démonstration de sa présence en Espagne pendant 183 jours en 2011.
- Ce jugement pourrait influencer d’autres cas similaires pour des contribuables internationaux.
Shakira, icône de la pop latine, a vu son nom briller sous le feu des projecteurs pour des raisons bien différentes de celles de sa carrière musicale. Depuis plusieurs années, l’artiste était embroilée dans un conflit fiscal avec l’administration espagnole, qui soutenait qu’elle devait être considérée comme résidente fiscale en Espagne, engendrant une imposition massive.
La décision rendue le 15 avril 2026 par l’Audience nationale espagnole a tranché en faveur de la chanteuse. Le tribunal a statué que l’administration fiscale n’a pas réussi à prouver que Shakira avait résidé sur le sol espagnol plus de 183 jours en 2011, une condition essentielle pour établir sa résidence fiscale. Ce détail, pourtant crucial, a été la clé de voûte de ce jugement.
Les montants impliqués dans cette affaire sont impressionnants. Au total, l’État espagnol devra restituer à Shakira plus de 55 millions d’euros, comprenant des sommes dues au titre de l’impôt sur le revenu et des amendes pour infraction. En plus des 24 millions d’euros d’impôts, près de 25 millions d’euros concernent des pénalités pour infraction, sans oublier les 2,6 millions d’euros liés à l’impôt sur le patrimoine.
La décision souligne également que la question de savoir si les Bahamas constituaient un paradis fiscal en 2011 n’a aucune importance dans cette affaire. Ce qui compte, c’est la démonstration du nombre de jours passés sur le territoire espagnol, ce qui a été jugé insuffisant dans le cas de Shakira.
Cette victoire judiciaire ne vient pas sans un contexte chargé. Shakira a dû faire face à cette lutte pendant plus de huit ans, période durant laquelle sa vie personnelle a également été scrutée de près par les médias. Sa relation avec Gerard Piqué, star du FC Barcelone, a débuté en 2010, et officialisée en 2011, ajoutant une dimension médiatique à son affaire fiscale.
Bien que cette décision soit une bouffée d’oxygène pour l’artiste, elle ne met pas fin à ses soucis fiscaux. En parallèle, Shakira a conclu un accord avec le parquet espagnol en 2023, acceptant de payer des sanctions financières pour d’autres infractions. Par ailleurs, une autre procédure pour des irrégularités fiscales en 2018 a également entraîné un versement de 6,6 millions d’euros.
Shakira a souvent exprimé son désarroi face à un système qu’elle considère injuste, évoquant le « poids injuste d’un système qui oblige à prouver son innocence ». Cette phrase résonne désormais au-delà de son cas personnel, touchant à des enjeux plus larges pour les artistes internationaux.
Le timing de cette décision est particulièrement significatif. Alors que Shakira se prépare à remonter sur scène à Madrid en septembre 2026 pour une série de concerts, elle entrevoit la possibilité de commencer un nouveau chapitre de sa carrière. Ce jugement pourrait également établir une jurisprudence pour d’autres contribuables confrontés à des situations similaires, faisant de cette victoire un moment clé dans le paysage fiscal européen.
Shakira, à la croisée des chemins entre sa vie personnelle et professionnelle, continue d’incarner une figure emblématique, non seulement de la musique, mais aussi de la résilience face à des défis complexes. Ce jugement est une étape cruciale pour elle, qui aspire à retrouver le contrôle de son image et de sa carrière, tout en naviguant dans un monde où la célébrité et la fiscalité se croisent souvent de manière tumultueuse.