Le 2 juillet 2026, Siavosh Ghazi, journaliste franco-iranien, a partagé son expérience unique vécue durant les bombardements à Téhéran dans son livre intitulé Carnets de guerre : 40 jours dans Téhéran sous les bombardements. Ce récit, publié aux éditions First, offre un aperçu dramatique des événements survenus depuis le 28 février 2026, période durant laquelle les frappes israéliennes et américaines ont frappé la capitale iranienne.
EN BREF
- Siavosh Ghazi a couvert les bombardements à Téhéran, vivant au rythme des alertes.
- Il évoque le défi de reporter sans céder aux pressions du pouvoir.
- Le livre témoigne d’une société iranienne en mutation malgré les difficultés économiques.
Journaliste depuis 28 ans en Iran, Siavosh Ghazi est l’un des rares correspondants français à avoir documenté les bouleversements de ce pays. À travers son livre, il révèle les défis auxquels il a été confronté lors des frappes aériennes, alors qu’il était le seul journaliste francophone présent sur le terrain. Son récit met en lumière non seulement les difficultés d’exercer son métier sous pression, mais aussi l’évolution de la société iranienne.
Une expérience marquante sous les bombardements
Au cours de cette période intense, Ghazi a dû jongler avec des heures de sommeil réduites à deux heures et demie par nuit. Il se souvient d’une nuit en particulier, lorsque des frappes ont retenti à proximité de son domicile, provoquant une peur palpable. « J’ai cru que c’était la fin », confie-t-il en évoquant cette expérience. Le contraste entre le travail acharné de reporter et les réalités de la guerre a marqué son récit.
Le journaliste évoque aussi la manière dont il a appris à naviguer dans un environnement où chaque mot peut avoir des conséquences. « Je choisis mes mots avec soin pour éviter la censure », explique-t-il, soulignant l’importance de rapporter les faits tout en respectant certaines limites imposées par le pouvoir. Ainsi, il évite des termes sensibles tout en maintenant un discours fidèle à la réalité.
La responsabilité morale du journaliste
Pour Siavosh Ghazi, la responsabilité morale d’un journaliste est de rapporter la vérité. « Je témoigne de ce que je vois, sans céder aux pressions », affirme-t-il. Son expérience en Iran lui a permis de capter des nuances que ceux qui observent le pays de l’extérieur ne peuvent pas saisir. Il souligne l’importance d’une représentation authentique des changements sociaux, notamment en ce qui concerne le rôle des femmes dans la société iranienne.
Les femmes, qui arpentent désormais certains quartiers de Téhéran en moto et sans voile, illustrent cette évolution. Ghazi a constaté cette dynamique en interrogeant des personnes dans les provinces, confirmant une tendance générale à travers le pays.
Un futur incertain pour l’Iran
En se projetant dans l’avenir de l’Iran, Siavosh Ghazi exprime un mélange d’inquiétude et d’optimisme. « Nous sommes dans un moment de transition important », déclare-t-il, mettant en avant la nécessité de réforme et d’évolution. Les défis économiques demeurent cruciaux, mais il perçoit une chance pour l’Iran de se moderniser, à condition que la corruption soit combattue efficacement.
Le constat de Ghazi sur son pays est révélateur : « Beaucoup de gens ont l’espoir d’un très grand changement ». Son livre, à la fois un témoignage vivant de son expérience et une réflexion sur l’avenir de l’Iran, invite à une compréhension nuancée des réalités iraniennes. Alors que le pays traverse des temps troublés, la voix de Siavosh Ghazi rappelle l’importance de la vérité dans le récit des conflits et des évolutions sociopolitiques.
En somme, l’ouvrage de Siavosh Ghazi ne se limite pas à un simple compte-rendu des événements ; il constitue un appel à la prise de conscience sur la situation en Iran, tout en soulignant le rôle fondamental des journalistes dans la documentation des réalités complexes de ce pays en mutation.