Le 19 avril dernier, un incident troublant s’est produit Ă Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, lorsqu’un homme de 65 ans a ouvert le feu Ă proximitĂ© d’enfants jouant au ballon. Bien que personne n’ait Ă©tĂ© blessĂ©, un garçon de dix ans a affirmĂ© avoir Ă©tĂ© directement visĂ© et a rapportĂ© avoir subi des injures racistes de la part de l’individu. Ce dernier aurait notamment criĂ© : « dehors sales nĂšgres et sales arabes ».
EN BREF
- Un homme a tirĂ© prĂšs d’enfants, profĂ©rant des insultes racistes.
- Une enquĂȘte pour violences et injures racistes a Ă©tĂ© ouverte.
- Des élus et associations dénoncent une minimisation des faits par la police.
Une enquĂȘte a Ă©tĂ© rapidement ouverte pour violences avec armes par le parquet du Puy-en-Velay. Suite Ă des pressions exercĂ©es par les parents et des associations, une seconde enquĂȘte a Ă©tĂ© lancĂ©e pour injures racistes. Ce tournant dans l’affaire a suscitĂ© des interrogations quant Ă la gestion de la situation par les forces de l’ordre, accusĂ©es de minimiser l’aspect raciste des actes.
InterpellĂ© peu aprĂšs les faits, lâhomme a niĂ© avoir visĂ© les enfants, affirmant avoir seulement « tirĂ© en lâair » aprĂšs avoir Ă©tĂ© traitĂ© de « sale blanc ». En dĂ©pit de son dĂ©ni, il a Ă©tĂ© renvoyĂ© devant la justice pour rĂ©pondre de « violences avec arme » et son procĂšs est prĂ©vu pour le 7 juillet au Puy-en-Velay.
Des prĂ©occupations quant Ă l’attitude de la police
Dans un premier temps, l’autoritĂ© judiciaire n’a pas retenu le caractĂšre raciste des actes. Cependant, le pĂšre de l’enfant visĂ© assure avoir signalĂ© les propos racistes dĂšs son premier dĂ©pĂŽt de plainte. D’autres riverains ont Ă©galement rapportĂ© des antĂ©cĂ©dents de comportements similaires de la part du mĂȘme individu, corroborĂ©s par une vidĂ©o dans laquelle il avoue ĂȘtre raciste.
Le 22 avril, l’association SOS Racisme a dĂ©noncĂ©, dans un communiquĂ©, ce qu’elle considĂšre comme une minoration des faits. Suite Ă leur intervention, le commissariat a recontactĂ© le pĂšre de l’enfant pour un complĂ©ment de plainte. En rĂ©ponse, le parquet a ouvert une seconde enquĂȘte pour « injure publique en raison de lâorigine, lâethnie, la nation, la race ou la religion ».
Réactions politiques et sociales
Le procureur a mentionnĂ© que des auditions auprĂšs des habitants du quartier seraient menĂ©es pour mieux comprendre la situation. Un rassemblement a eu lieu le 25 avril pour dĂ©noncer le racisme Ă l’origine de cet acte. Les premiers tĂ©moignages recueillis nâĂ©voquent pas de propos racistes, mais le procureur s’est engagĂ© Ă vĂ©rifier si les dĂ©clarations faites par le pĂšre et/ou le fils n’ont pas Ă©tĂ© omises dans les procĂšs-verbaux.
Plusieurs Ă©lus de gauche ont exprimĂ© leur indignation sur les rĂ©seaux sociaux, qualifiant l’incident de « vĂ©ritable chasse Ă lâenfant de couleur ». Lors des questions au gouvernement, le dĂ©putĂ© LFI Antoine LĂ©aument a dĂ©clarĂ© que « cette affaire devrait choquer la France entiĂšre. Ce sont des enfants. »
Le ministre de lâIntĂ©rieur, Laurent Nunez, a rĂ©pondu aux critiques en affirmant que les dĂ©clarations de lâindividu, qui se dit fier de son racisme, nâavaient pas Ă©tĂ© prises en compte lors de la premiĂšre procĂ©dure. Il a aussi ajoutĂ© que des poursuites seraient engagĂ©es suite Ă la vidĂ©o montrant l’homme tenant des propos incendiaires, filmĂ©e dans le mĂȘme lieu oĂč il avait utilisĂ© son arme.
Suite à ces événements, le bailleur social a pris la décision de reloger le sexagénaire dans un autre logement, éloigné de la ville, à proximité du Puy-en-Velay. Cette affaire soulÚve des questions cruciales sur la maniÚre dont les actes de violence et de racisme sont pris en compte par les autorités, ainsi que sur la sécurité des enfants dans leur environnement.