Les douaniers de Saint-Étienne, dans la Loire, intensifient leur vigilance sur les autoroutes, particulièrement sur l’A7, où un trafic croissant de cocaïne a été constaté. En mars, ils ont réalisé une saisie impressionnante de plus d’une tonne de cette drogue, révélant l’ampleur d’un phénomène en pleine expansion.
EN BREF
- Plus d’une tonne de cocaïne saisie sur l’A7 en mars 2026.
- Les douaniers redoublent d’efforts face à un trafic en forte augmentation.
- Le chiffre d’affaires du trafic de drogue en France s’élève à 7 milliards d’euros en 2025.
À la veille du week-end pascal, un douanier surnommé « Bernie » se tient prêt au péage de Veauchette, sur l’A72. En tant que chef d’équipe, il est épaulé par un maître-chien, « Pat », et un agent portant une arme longue pour assurer la sécurité des contrôles. Ce jour-là, l’œil affûté, il débusque un poids lourd qui attire son attention.
Le 23 mars 2026, cette attention portée sur un camion s’est révélée fructueuse. Après inspection, les douaniers ont découvert 1,145 tonne de cocaïne dissimulée au fond de 22 sacs géants de terreau. Cette saisie constitue la troisième plus importante de ces cinq dernières années sur les routes françaises, soulignant la montée en puissance des réseaux criminels.
« Sur l’A7, le flux de camions est énorme et varié, ce qui complique la sélection des véhicules à contrôler », explique Bernie. « Cette saisie est exceptionnelle et, avec l’augmentation des trafics, nous pourrions bien faire encore mieux. » Son collègue, Renaud, responsable de la brigade des douanes de Saint-Étienne, partage cette préoccupation. « Nous pouvons nous attendre à des volumes importants en provenance du sud de l’Europe. Le phénomène ne semble pas sur le point de s’arrêter. »
La cocaïne, produite principalement en Colombie, au Pérou et en Bolivie, trouve son chemin vers l’Europe par divers ports, dont Le Havre, Rotterdam et Anvers. Cependant, face à des contrôles renforcés, les trafiquants ont commencé à diversifier leurs méthodes d’acheminement, optant pour des ports comme Barcelone et Lisbonne avant de continuer par la route vers le nord de l’Europe.
La drogue interceptée le 23 mars provenait de la péninsule ibérique et était destinée à des destinations en Europe du nord. « Nous avons constaté une densification de cette route de la cocaïne depuis un an et demi, avec des saisies de volumes significatifs », indique Corinne Cléostrate, sous-directrice de la lutte contre la fraude.
En 2025, l’Office anti-stupéfiants (Ofast) a rapporté la saisie de 84,3 tonnes de cocaïne en France, dont 59,5 tonnes par voie maritime. Les douanes à elles seules ont intercepté 31,26 tonnes cette même année. La vigilance des agents, qui inspectent minutieusement les camions, reste cruciale face à ces réseaux organisés.
Un poids-lourd aux plaques roumaines est ainsi contrôlé, mais tout est en règle cette fois-ci. Les douaniers poursuivent leur quête, déterminés à contrer les organisations criminelles qui semblent avoir l’avantage financier. Jean-Pierre Chappuis, directeur des douanes à Clermont-Ferrand, souligne la difficulté du combat : « Ces organisations ont plus d’argent que nous. Nous tentons de les anticiper, mais elles cherchent toujours à percer nos lignes de défense. »
La saisie d’1,2 tonne de cocaïne a eu un impact financier sur l’organisation criminelle impliquée, mais le combat reste inégal. Le chiffre d’affaires du trafic de drogue en France a été évalué à 7 milliards d’euros en 2025, illustrant l’ampleur des enjeux.
Alors que les douaniers poursuivent leurs efforts, la lutte contre le trafic de drogue s’intensifie, révélant une réalité préoccupante sur les routes de France. Les agents de Saint-Étienne restent en alerte, prêts à déjouer les plans des trafiquants.