À trois mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, la tension monte pour Donald Trump. Alors qu’il avait promis de réduire l’inflation durant sa campagne présidentielle, le président américain a exprimé son mécontentement concernant les grandes entreprises pétrolières. Lors d’une déclaration faite le 3 août, il a accusé ces sociétés de « faire trop d’argent » et a appelé à une baisse des prix des carburants.
EN BREF
- Trump critique ExxonMobil et Chevron pour leurs bénéfices record.
- Les prix des carburants continuent d’augmenter, impactant le pouvoir d’achat.
- Les démocrates proposent un impôt sur les superprofits des pétrolières.
Les récentes annonces de profits d’ExxonMobil et Chevron, qui ont enregistré des résultats financiers exceptionnels au deuxième trimestre, ont exacerbé la colère du président. ExxonMobil a vu ses bénéfices doubler pour atteindre 14,5 milliards de dollars, tandis que Chevron a multiplié par cinq le sien, atteignant 12,1 milliards de dollars. Dans ce contexte, Trump a exprimé son indignation depuis la Maison Blanche, affirmant : « Cela ne me plaît pas. Ils sont en train de faire trop d’argent. En profitant des pénuries, ils se font trop d’argent. »
En tant qu’ardent défenseur de la libre entreprise, Trump a néanmoins souligné que ces entreprises doivent contribuer à la société en redonnant une partie de leurs bénéfices. Il a insisté sur le fait que « lorsqu’une entreprise a multiplié par douze fois ce qu’elle générait l’année précédente, elle se doit d’en redonner une partie au public ». Dans cette optique, il a exhorté les géants pétroliers à réduire les prix à la pompe.
La question des prix de l’énergie demeure cruciale pour les Américains, en particulier en cette période préélectorale. Les prix des carburants sont particulièrement scrutés, car ils représentent un des principaux moteurs de l’inflation. Actuellement, le prix moyen du gallon s’élève à 4,10 dollars, soit une augmentation de 37 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Le président a précédemment exprimé sur les réseaux sociaux que « les prix des carburants feraient bien de commencer à baisser beaucoup plus rapidement que ce que je vois ».
Face à la montée des prix, les démocrates envisagent d’imposer un impôt exceptionnel sur les superprofits des entreprises pétrolières. Le sénateur Sheldon Whitehouse a proposé cette mesure, affirmant que « nous sommes plutôt généreux en laissant [aux compagnies pétrolières] la moitié de ces bénéfices exceptionnels, mais nous voulons qu’au moins la moitié soit reversée ». Cependant, cette option a été écartée par l’administration Trump jusqu’à présent.
Les compagnies pétrolières, de leur côté, ont été prudentes dans leurs déclarations. Le PDG d’ExxonMobil a expliqué que l’augmentation des prix à la pompe était principalement due à un manque de capacités de raffinage, avertissant que les consommateurs devraient s’attendre à des factures élevées pour un certain temps encore. Un porte-parole de l’American Petroleum Institute a également confirmé que la hausse des prix résultait de l’offre et de la demande mondiales, ainsi que de l’incertitude autour du détroit d’Ormuz, sans l’attribuer à une entreprise en particulier.
Le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial, est devenu un point névralgique de cette crise, perturbant le marché pétrolier international. Les tensions géopolitiques exacerbent cette situation, affectant la production pétrolière et provoquant des dommages aux infrastructures, notamment au Qatar.
Alors que la campagne électorale s’intensifie, la manière dont le gouvernement et les entreprises traiteront ces enjeux économiques sera scrutée de près. Reste à voir si la pression exercée par Trump sur les entreprises pétrolières aura un impact significatif sur leurs décisions et sur les prix pour les consommateurs.