Un scandale qui a secoué le ministère de la Culture il y a plusieurs années refait surface. Christian Nègre, ancien directeur régional des affaires culturelles pour le Grand Est, a été mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes lors d’entretiens d’embauche. Malgré cette affaire, il semble avoir poursuivi sa carrière, utilisant un faux nom.
EN BREF
- Christian Nègre, ancien DRH, est mis en examen pour avoir drogué 250 femmes.
- Il continue d’exercer sous le prénom « Bernard » dans le secteur des ressources humaines.
- Des inquiétudes persistent concernant la sécurité des victimes et la lenteur de la justice.
Les événements remontent à 2018, lorsque Nègre a été surpris en train de photographier discrètement une sous-préfète lors d’un entretien professionnel. Cette découverte a conduit à une plainte et à une enquête qui a révélé des abus bien plus graves. Nègre est accusé d’avoir utilisé un diurétique pour obliger les femmes à uriner devant lui, une pratique qui soulève de nombreuses questions sur l’intégrité au sein des ressources humaines.
Aujourd’hui, son avocate, Iris Biehler, souligne que son client est présumé innocent et qu’il n’y a pas d’interdiction formelle pour lui de travailler. Cependant, cette situation suscite l’inquiétude de plusieurs anciennes victimes, qui s’interrogent sur la possibilité que Nègre continue d’exercer son métier sans aucune restriction.
Ce qui est encore plus troublant, c’est que l’ancien DRH ne s’est pas retiré du secteur. Selon des informations récentes, il travaille toujours sous le nom de « Bernard » et est consultant en ressources humaines au sein du cabinet parisien 3R Consultants. Son profil, visible en ligne, le présente comme « coach de dirigeants » sans mentionner son passé controversé.
Ce n’est pas la première fois que son nom d’emprunt est rapporté. En octobre 2025, il a été révélé qu’il enseignait dans des écoles de commerce sous le nom de « Bernard Genre », un pseudonyme qui ne cache guère son identité réelle. Le site ICI Grand Est avait déjà évoqué une reconversion de Nègre comme coach professionnel en 2019, ce qui laisse présager une volonté de dissimulation.
Pour Me Biehler, l’utilisation de pseudonymes est préoccupante. Elle a alerté les juges d’instruction sur la nécessité d’une enquête approfondie, craignant une éventuelle réitération des faits. Le fondateur de 3R Consultants, Willem Royaards, a affirmé qu’il n’était pas au courant des accusations portées contre Nègre et qu’il avait retiré son profil par mesure de précaution, bien que celui-ci reste accessible en ligne.
Le calendrier judiciaire s’étire, avec une clôture des investigations prévue pour fin 2026. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a demandé à toute victime non identifiée de se manifester auprès de l’Office central pour la répression des violences faites aux personnes (OCRVP). Une réunion entre les juges d’instruction et les parties civiles est prévue le 10 septembre au tribunal judiciaire de Paris pour faire le point sur cette affaire qui continue d’évoluer.
Cette situation soulève des interrogations sur la capacité des systèmes de recrutement à détecter des individus aux antécédents problématiques. Le cas de Nègre illustre comment certaines personnes parviennent à se réinsérer dans des milieux professionnels sans que leur passé ne soit pris en compte. Combien d’autres individus similaires échappent à ce type de surveillance dans le monde du travail ?