À partir de ce lundi, la cour d’assises de Digne-les-Bains accueille le procès de Guillaume B., un homme de 51 ans accusé d’avoir infligé à son ex-compagne, Laëtitia R., des actes de torture et des viols répétés pendant sept longues années. L’accusé, ancien directeur d’agence bancaire, fait face à des charges extrêmement graves qui pourraient lui valoir une réclusion criminelle à perpétuité.
EN BREF
- Guillaume B. est accusé d’avoir torturé et violé sa compagne pendant sept ans.
- La plaignante témoigne de pratiques de violence et d’emprise psychologique.
- Le verdict du procès est attendu ce vendredi.
Lors de l’ouverture du procès, Guillaume B. a nié être le « monstre » décrit par l’accusation, affirmant que leurs relations étaient basées sur des « jeux sexuels consentis ». Il a plaidé pour une compréhension de leur dynamique, soutenant qu’il ne s’agissait pas de violences mais d’un consentement mutuel. Les tensions dans la salle étaient palpables alors que la présidente de la cour énonçait les faits, provoquant des murmures d’indignation parmi le public.
Laëtitia R., âgée de 42 ans et mère de quatre enfants, a dénoncé les abus subis entre 2015 et 2022, périodes durant lesquelles elle aurait été contrainte à des actes de prostitution. L’accusation évoque des actes de zoophilie, des blessures infligées avec un cutter, et des relations sexuelles imposées avec des inconnus. Ces expériences ont laissé des séquelles profondes, tant sur le plan physique que psychologique, et Laëtitia est aujourd’hui reconnue comme handicapée à 50-80%.
Laetitia R. a bravé le silence imposé par des années de domination et a décidé de porter plainte après un épisode de violence extrême en juin 2022. Ce jour-là, elle a révélé à une amie qu’elle avait été étranglée, ce qui a conduit à l’interpellation de son compagnon. « Je me suis dit qu’il allait finir par la tuer », a déclaré la jeune femme, en larmes, devant la cour.
Un autre témoin, Aurélie, une voisine, a rapporté des « hurlements de douleur » provenant de l’appartement du couple, qu’elle a souvent entendus. Le témoignage de la voisine renforce l’idée que la souffrance de Laëtitia était bien visible pour ceux qui l’entouraient.
Guillaume B., durant l’enquête, a contesté les accusations, arguant que Laëtitia « aime être humiliée ». Il a décrit sa satisfaction à voir sa compagne en relation avec d’autres hommes, ce qui soulève la question de la manipulation et du contrôle qu’il exerçait sur elle.
Les violences décrites par Laëtitia R., corroborées par des témoignages et des preuves matérielles, illustrent un quotidien semblable à « la pire vision de l’enfer », selon son avocat, Me Philippe-Henry Honegger. L’ex-épouse de Guillaume B. a également témoigné de comportements violents de sa part, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à cet enchevêtrement de souffrances.
À l’extérieur du tribunal, une quinzaine de femmes du collectif « 8 mars toute l’année » ont manifesté en soutien à Laëtitia, brandissant des pancartes réclamant justice et dénonçant la honte qui doit « changer de camp ». Ce procès met en lumière non seulement les violences subies par Laëtitia R., mais aussi la nécessité d’une prise de conscience collective autour des violences faites aux femmes.
Le verdict est attendu pour ce vendredi, et il marquera une étape cruciale dans cette affaire complexe, où se mêlent souffrances passées et espoir de justice.