Les espaces rĂ©servĂ©s aux adultes sans enfants, souvent dĂ©signĂ©s sous le terme « no kids », connaissent une expansion notable en France. Ces derniĂšres annĂ©es, plusieurs initiatives ont vu le jour, telles que la classe Business Optimum de la SNCF, qui exclut les enfants de moins de 12 ans, ainsi qu’une vingtaine de campings oĂč les mineurs ne sont pas acceptĂ©s. Le phĂ©nomĂšne des hĂŽtels « adults only » a Ă©galement doublĂ© entre 2016 et 2023, illustrant une tendance croissante Ă exclure les jeunes du milieu public.
EN BREF
- Des espaces « no kids » se multiplient, excluant les enfants de divers lieux publics.
- Un rapport de la Commission nationale des Droits de lâHomme prĂ©conise leur interdiction.
- Sarah El HaĂŻry, Haute-commissaire Ă lâEnfance, soutient cette initiative pour protĂ©ger les droits des enfants.
Ce lundi 6 juillet, la Commission nationale des Droits de lâHomme a remis un rapport Ă la Haute-commissaire Ă lâEnfance, Sarah El HaĂŻry, visant Ă contrer ce phĂ©nomĂšne dâexclusion. Selon OphĂ©lie Marrel, juriste Ă la commission et autrice du rapport, ces espaces sont qualifiĂ©s dâ »illĂ©gaux ». Elle souligne que ces exclusions constituent une atteinte aux droits fondamentaux des enfants.
Dans une interview sur RMC, Sarah El HaĂŻry a exprimĂ© son accord avec les recommandations du rapport, affirmant que ces espaces « no kids » reprĂ©sentent « le dĂ©but de la fracturation de la sociĂ©té ». Elle prĂ©cise : « Je suis pour l’interdiction de ces espaces no kids, je ne me bats pas pour qu’ils rentrent au casino, je me bats pour qu’on reconnaisse simplement les droits des enfants. »
Les recommandations de la commission vont au-delĂ de l’interdiction des espaces rĂ©servĂ©s aux adultes. Elles incluent des mesures visant Ă rĂ©introduire les enfants dans l’espace public. Parmi celles-ci, on retrouve la crĂ©ation de rues piĂ©tonnes autour des Ă©coles, l’installation de panneaux de signalisation Ă hauteur dâenfants, la rĂ©duction de la vitesse des vĂ©hicules aux abords des Ă©tablissements scolaires et l’encouragement des classes en plein air.
OphĂ©lie Marrel a soulignĂ© : « Nous sommes en train de fabriquer des enfants dâintĂ©rieur. » Elle a ajoutĂ© que si les parents Ă©prouvent une certaine apprĂ©hension face aux dangers extĂ©rieurs, tels que les accidents de voiture ou les enlĂšvements, il est essentiel de reconnaĂźtre que les enfants sont aussi exposĂ©s Ă des risques en ligne, notamment sur les rĂ©seaux sociaux.
Le rapport met en lumiĂšre une perception problĂ©matique des enfants dans la sociĂ©tĂ© actuelle. Trop souvent, ils sont vus comme des personnes Ă surveiller plutĂŽt que comme des ĂȘtres dignes, Ă part entiĂšre, comme les adultes. Cette vision peut avoir des consĂ©quences nĂ©fastes sur leur dĂ©veloppement social et Ă©motionnel.
En conclusion, ce rapport souligne l’importance de protĂ©ger les droits des enfants et de les rĂ©intĂ©grer dans l’espace public, afin de favoriser leur Ă©panouissement. La prise de conscience et l’action des autoritĂ©s sont dĂ©sormais plus que jamais nĂ©cessaires pour contrer cette tendance d’exclusion. Les enfants mĂ©ritent dâĂȘtre reconnus non seulement comme des individus Ă surveiller, mais comme des participants actifs Ă la vie de la sociĂ©tĂ©.