Une canicule historique possible en septembre : des températures record attendues

Après un retour à des températures presque normales à la fin du mois d’août, la France s’apprête à connaître une nouvelle poussée de chaleur. À partir de ce jeudi 3 septembre, un anticyclone des Açores va renforcer le rayonnement solaire et assécher l’atmosphère. Cela pourrait déboucher sur un épisode caniculaire dans certaines régions du pays, selon les prévisions du météorologue Cyrille Duchesne de la Chaîne Météo.

EN BREF

  • Un pic de chaleur attendu ce week-end avec des températures dépassant 30°C.
  • Une vigilance est de mise, certaines régions pourraient atteindre des seuils de canicule.
  • Des projections évoquent une première vague de chaleur historique en septembre.

Dans le sud de la Loire, les températures pourraient atteindre des niveaux records, dépassant les 30 degrés. Des valeurs allant jusqu’à 38 degrés sont attendues à Pau et Bordeaux ce vendredi, avec Toulouse proche des 37 degrés. Le Sud-Est ne sera pas en reste, affichant jusqu’à 31 degrés à Montpellier et 33 à Valence. En revanche, la moitié nord du pays verra des températures plus modérées, oscillant entre 25 et 30 degrés, tandis que les régions côtières de la Manche resteront sous l’influence de nuages et de quelques précipitations, avec des températures autour de 19 degrés.

Cette hausse des températures intervient en début de l’automne météorologique, mais elle pose également une question cruciale : la France pourrait-elle connaître sa première vague de chaleur de l’histoire en septembre ? Pour qu’un épisode soit considéré comme une vague de chaleur, il ne suffit pas que certaines villes franchissent les 35 ou même 40 degrés. L’indicateur thermique national (ITN), qui est calculé à partir des températures minimales et maximales observées dans 30 stations de France, doit atteindre 25,3 degrés pendant au moins une journée, et rester supérieur ou égal à 23,4 degrés pendant au moins trois jours.

Les prévisions effectuées ce mardi indiquent que, à l’échelle nationale, ces seuils ne seront pas atteints. La chaleur semble trop concentrée sur le sud du pays, alors que le nord continuera à bénéficier de températures plus fraîches, influencées par l’océan. L’indicateur thermique devrait se situer à 24,3°C pour vendredi, puis à 23,9°C le samedi, et 23,8°C dimanche et lundi, avant de redescendre.

Les météorologues suivent de près ces évolutions, car si les seuils étaient atteints, cela marquerait une première dans l’histoire météorologique de la France pour ce mois. Jusqu’à présent, septembre 2023 a été le plus chaud jamais enregistré. Entre le 3 et le 11 septembre, la France a connu neuf jours consécutifs d’une chaleur exceptionnelle, avec un ITN supérieur de 4 degrés aux normales de la période 1991-2020. Bien que cet épisode ait été remarquable, il n’a pas rempli les critères de vague de chaleur à l’échelle nationale.

Il est essentiel de différencier la vague de chaleur de la canicule. La première est définie par l’indicateur thermique national, tandis que la seconde se base sur des seuils de températures spécifiques à chaque département, devant être atteints pendant trois jours et trois nuits. Même si les seuils d’une vague de chaleur nationale ne sont pas atteints, certaines régions, comme l’Aquitaine et l’Occitanie, pourraient connaître des conditions suffisamment élevées pour déclencher une vigilance canicule.

Régis Crépet, météorologue pour la Chaîne Météo, souligne que la durée de cet épisode reste incertaine. De nouvelles perturbations atlantiques pourraient ramener un air plus frais dès la fin du week-end ou au début de la semaine prochaine. Avec le réchauffement climatique, le calendrier des épisodes de chaleur pourrait également évoluer. Selon Météo-France, dans un scénario de +2,7°C, des vagues de chaleur pourraient survenir dès début juin jusqu’à la mi-septembre. À +4°C, elles pourraient même débuter dès la mi-mai et s’étendre jusqu’à fin septembre.

Les prévisions météorologiques restent donc à surveiller de près, car elles pourraient avoir des implications significatives pour la santé publique et les activités dans de nombreuses régions françaises.