Face à l’anosmie, un trouble qui touche près de 20 % de la population mondiale, une avancée majeure se profile avec le projet européen ROSE. Ce projet ambitieux vise à développer une prothèse olfactive capable de rétablir une forme de perception des odeurs, offrant ainsi une nouvelle lueur d’espoir aux personnes touchées.
EN BREF
- Le projet ROSE développe une prothèse olfactive pour aider les anosmiques.
- 20 % de la population mondiale souffre de troubles olfactifs, dont 5 % d’anosmie totale.
- Le dispositif utilise le nerf trijumeau pour transmettre des signaux olfactifs au cerveau.
La pandémie de Covid-19 a mis en évidence l’importance du sens de l’odorat, laissant des millions de personnes avec des séquelles durables. Aujourd’hui, 20 % de la population souffre de troubles olfactifs, dont 5 % d’anosmie totale, un handicap qui affecte non seulement le plaisir de la nourriture, mais aussi la capacité de détecter des dangers tels que le gaz. Pour répondre à cette crise de santé publique, le consortium ROSE, initié par le Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL), propose une solution innovante.
Financé à hauteur de 3 millions d’euros par l’Union européenne, ce projet réunit des experts de divers horizons pour créer une prothèse olfactive qui fonctionne grâce à un système capable de transformer les molécules chimiques en signaux compréhensibles par le cerveau. Ce processus repose sur quatre étapes clés qui contournent les limitations des méthodes traditionnelles, souvent axées sur le bulbe olfactif, une zone souvent endommagée chez les patients souffrant d’anosmie.
Les scientifiques du projet ROSE ont choisi d’exploiter le nerf trijumeau, généralement associé à la perception de la douleur et des sensations gustatives. Ce nerf robuste sera utilisé comme un canal alternatif pour transmettre une sensation électrique substitutive, créant ainsi une signature sensorielle liée à l’odeur. L’objectif n’est pas de retrouver l’odeur naturelle d’une rose, mais d’apprendre à associer une sensation électrique à des objets physiques dans l’environnement de l’utilisateur.
Ce processus d’apprentissage s’inspire de la rééducation auditive suite à la pose d’implants cochléaires, où la neuroplasticité joue un rôle crucial. Actuellement en phase expérimentale, ce dispositif médical n’est pas encore disponible pour le grand public. Les chercheurs travaillent à rendre le système plus ergonomique, afin de le miniaturiser sous forme de lunettes de vue augmentées. Cette innovation pourrait offrir une solution discrète aux patients anosmiques, les aidant ainsi à naviguer dans leur environnement et à retrouver progressivement les plaisirs de la gastronomie.
Alors que le projet ROSE progresse, il représente une avancée significative dans la lutte contre l’anosmie, apportant espoir et potentiellement une nouvelle qualité de vie à des millions de personnes affectées par cette condition. Les implications de cette technologie pourraient transformer non seulement la manière dont les individus perçoivent les odeurs, mais également leur relation avec leur environnement.