La situation est alarmante. Selon un baromètre publié le 26 août par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), plus de 2300 enfants, dont 514 âgés de moins de trois ans, dorment actuellement dehors en France. Ce chiffre met en lumière l’échec du gouvernement à atteindre son objectif de « zéro enfant à la rue », affiché au début du second quinquennat d’Emmanuel Macron.
EN BREF
- 2355 enfants dorment à la rue en raison du manque de places d’hébergement d’urgence.
- Les conséquences du sans-abrisme sur les enfants sont dramatiques et préoccupantes.
- L’Unicef France et la FAS réclament une action urgente des décideurs publics.
La saturation du numéro d’urgence 115, qui devrait offrir une aide aux personnes sans abri, illustre la pénurie d’hébergements disponibles. Les associations soulignent qu’il est impératif que les responsables politiques prennent des mesures immédiates. Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France, a déclaré : « Si garantir un toit à tous les enfants n’est pas notre priorité, qu’est-ce qui l’est ? »
Les effets du sans-abrisme sur les enfants sont alarmants. Les associations rapportent une dégradation de leur santé physique et mentale, un isolement social accru, une exposition à la violence et des difficultés dans leur parcours scolaire. Cette situation souligne l’urgence d’agir pour protéger les plus vulnérables.
Les statistiques sont également inquiétantes en ce qui concerne la mortalité des jeunes sans abri. En 2025, quatorze enfants de moins de quatre ans et douze adolescents âgés de 15 à 18 ans ont perdu la vie dans les rues françaises. Ces tragédies soulignent l’ampleur du problème et la nécessité d’une mobilisation collective.
Les chiffres révèlent que, depuis la réaffirmation de l’objectif de « zéro enfant à la rue » en 2022, le nombre d’enfants sans hébergement a augmenté de 42 % par rapport à 2021 et de 9 % par rapport à 2025. Ces données, cependant, ne reflètent qu’une partie de la réalité. De nombreuses familles ne parviennent pas à joindre le 115 ou choisissent de ne pas appeler, et les mineurs non accompagnés ainsi que les familles vivant dans des squats ou des bidonvilles ne sont pas inclus dans ces chiffres.
Un rapport publié en juillet 2025 par trois inspections générales a mis en évidence les lacunes du programme d’hébergement d’urgence en France, évoquant une « sous-budgétisation chronique » et un déficit de pilotage qui entravent son efficacité. Cela signifie que le système en place ne peut répondre à l’ensemble des demandes d’hébergement, laissant ainsi des milliers d’enfants dans des situations précaires.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’Unicef France et la FAS appellent à faire de la lutte contre le sans-abrisme des enfants une priorité absolue dans les politiques de logement et d’hébergement. Les associations réclament notamment un plan ambitieux pour la production de logements sociaux afin de garantir un toit à tous les enfants en France.
Il est crucial que l’ensemble des parties prenantes, y compris les décideurs publics, prennent conscience de la gravité de cette situation et agissent rapidement pour éviter que d’autres enfants ne soient laissés sans abri. La vie de milliers d’enfants en dépend.