Depuis quelques jours, la plateforme Vinted est au cœur d’une inquiétante polémique. Suite à l’affaire Lyhanna, un nombre croissant d’internautes s’interroge sur la nature de certaines annonces publiées sur ce site de vente d’objets d’occasion. Des publications jugées suspectes pourraient-elles dissimuler un trafic d’enfants à échelle mondiale ?
EN BREF
- Des annonces suspectes sur Vinted suscitent des inquiétudes concernant un trafic d’enfants.
- La Haute-Commissaire à l’Enfance a saisi la justice pour enquêter sur ces publications.
- Vinted nie tout lien avec un réseau de traite humaine, mais des vérifications sont en cours.
Les internautes, alarmés par des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, ont remarqué des objets ordinaires proposés à des prix exorbitants. Par exemple, une annonce mentionnant « Fleur rare, jusqu’à 1 mois, 50 cm, très bon état » pour une somme de 20 000 euros a particulièrement retenu l’attention. De telles descriptions, qui semblent codées, ont conduit à des soupçons croissants de trafic organisé.
Ce phénomène n’est pas inédit, des inquiétudes similaires avaient déjà été exprimées en 2023. Toutefois, les récents signalements, accompagnés de captures d’écran et de vidéos, ont amplifié l’inquiétude, laissant penser qu’il pourrait s’agir d’un système plus vaste. À ce jour, les doutes demeurent et nécessitent des investigations sérieuses plutôt que des conclusions hâtives.
Face à cette situation préoccupante, des contrôles techniques ont été initiés pour examiner les profils jugés suspects. La police nationale a également transmis un signalement à Pharos, la plateforme dédiée à la lutte contre les contenus illicites en ligne, afin d’évaluer la véracité de ces annonces et de procéder au blocage des comptes concernés.
Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’Enfance, a exprimé son souci de protéger les enfants. Dans un entretien daté du 23 juin 2026, elle a déclaré avoir saisi la justice et Pharos pour mener des enquêtes approfondies. Elle a souligné l’importance d’agir par principe de précaution : « Je préfère que l’on fasse les enquêtes nécessaires, et peut-être ne rien trouver au bout plutôt que me dire qu’il y a peut-être des enfants qui sont victimes de sévices », a-t-elle affirmé.
La Haute-Commissaire a également insisté sur la nécessité de lutter contre ce qu’elle a qualifié des « horreurs du monde », dans un contexte où la pédocriminalité est en forte augmentation. Elle a transmis plusieurs éléments aux services compétents, en précisant avoir agi selon l’article 40, qui impose le signalement de toute infraction pénale.
Vinted, de son côté, a fermement nié tout lien avec un trafic d’enfants. Dans une déclaration au Journal du Dimanche, la plateforme a indiqué : « Nous avons pris connaissance des annonces actuellement diffusées en ligne et nous n’avons trouvé aucun élément permettant de les relier à des activités de trafic d’enfants ». Cette réponse, bien que rassurante pour certains, n’efface pas les préoccupations qui persistent. Aucun élément concret n’a pour l’instant été avancé pour confirmer l’existence d’un tel réseau.
La situation actuelle repose ainsi sur un mélange d’alertes, de soupçons et de vérifications en cours. Dans un dossier aussi sensible que celui-ci, il est essentiel de privilégier des enquêtes solides afin d’éviter un emballement médiatique et de protéger les enfants potentiellement concernés.
La prudence est donc de mise, car derrière chaque annonce, se cachent des enjeux cruciaux. L’affaire pourrait être le révélateur d’une problématique plus vaste, et il est impératif de rester vigilant tout en laissant les enquêteurs faire leur travail.