La visite du pape Léon XIV en France, prévue du 25 au 28 septembre, est marquée par des attentes déçues de la part d’associations représentant des victimes de violences sexuelles au sein de l’Église. Alors que le Vatican a annoncé que le Saint-Père rencontrera symboliquement des victimes d’abus sexuels, des critiques émergent quant à la transparence et aux objectifs de cette démarche.
EN BREF
- Le pape rencontrera des victimes de violences sexuelles à Lourdes.
- Des critiques s’élèvent contre la transparence et le coût de la visite.
- Les associations de victimes expriment des craintes sur la sélection des personnes rencontrées.
Le voyage du pape comprend également des rencontres avec Emmanuel Macron et plusieurs célébrations de messes dans différentes villes. Le moment fort de sa visite sera sans doute la rencontre à Lourdes, à proximité de l’établissement scolaire de Bétharram, épicentre d’un scandale d’abus sexuels révélé l’année dernière. Cette initiative est perçue par certains comme une avancée significative dans la reconnaissance des souffrances des victimes.
Pour Alain Esquerre, porte-parole du collectif de victimes de Bétharram, cette rencontre constitue « une première victoire ». Il souligne l’importance d’une prise de conscience par l’Église et d’une action concrète pour soutenir les victimes. « Il faut embrayer. Il ne peut plus se contenter d’être dans du témoignage, c’est aussi à l’Église de dire stop et d’être aux côtés des victimes », a-t-il déclaré lors d’une interview.
Cependant, cette rencontre ne fait pas l’unanimité. Yolande du Fayet de la Tour, présidente de l’association « De la parole aux actes », remet en question l’intérêt de la visite. « Une visite qui va même coûter des millions d’euros, avec ça on indemnise un paquet de victimes », a-t-elle dénoncé, ajoutant que les objectifs de cette visite demeurent flous. Le budget de la visite, estimé initialement à 10 millions d’euros par l’archevêque de Paris Laurent Ulrich, a depuis été réévalué.
Arnaud Gallais, président de Mouv’enfants, partage également ses préoccupations. Il s’inquiète de la possibilité que les victimes rencontrées soient choisies de manière à ne pas exposer les vérités dérangeantes. « Le pape va rencontrer des personnes qui diront sûrement vouloir faire une messe avec lui, ce n’est pas du tout ce que j’attends », a-t-il affirmé, se sentant blacklisté en raison de ses critiques.
Lors d’une récente visite en Espagne, le pape Léon XIV avait promis des « efforts supplémentaires » et une « réponse plus efficace » face au fléau des violences sexuelles dans l’Église, après avoir rencontré des victimes. Pourtant, les chiffres sont alarmants : selon une commission indépendante, environ 330.000 mineurs auraient été victimes d’abus sexuels au sein de l’Église en France depuis 1950, un constat qui rend d’autant plus cruciale l’attention portée aux victimes.
Alors que la visite du pape Léon XIV approche, les associations de victimes demeurent sur leurs gardes. Elles attendent des actions concrètes et une véritable volonté de changement de la part de l’Église, afin que les promesses se traduisent en mesures tangibles pour les victimes d’abus sexuels.