Les voitures-radar privées suscitent de nombreuses interrogations et rumeurs sur la route. Parmi les plus persistantes, l’idée qu’elles ralentiraient volontairement pour inciter les automobilistes à les dépasser et ainsi se faire flasher. La Sécurité routière a souhaité clarifier cette question, souvent au cœur des discussions entre conducteurs.
EN BREF
- Les voitures-radar privées circulent sur des itinéraires définis par l’État.
- Ces véhicules n’ont pas besoin de rouler lentement pour flasher des excès de vitesse.
- Les sociétés privées ne sont pas rémunérées en fonction des infractions relevées.
Depuis leur déploiement progressif en 2018, principalement en Normandie, les voitures-radar conduites par des sociétés privées ont envahi les routes françaises. Leur mission est de contrôler la vitesse des automobilistes sur des itinéraires jugés dangereux, mais leur invisibilité suscite des craintes et des soupçons.
Actuellement, environ 300 voitures-radar sont en circulation, selon des sources fiables. Elles se trouvent dans presque toutes les régions métropolitaines, à l’exception de l’Île-de-France et de la Corse. Ces véhicules, intégrés dans des modèles banalisés, utilisent un flash infrarouge, rendant leur détection pratiquement impossible pour les usagers de la route.
La Sécurité routière a tenu à rappeler que ces voitures-radar fonctionnent parfaitement à la vitesse maximale autorisée. Ainsi, elles peuvent contrôler la vitesse des autres véhicules tout en roulant à la vitesse limite. Contrairement à certaines idées reçues, il est tout à fait possible qu’une voiture-radar roule à 110 km/h sur une route limitée à cette même vitesse sans qu’il y ait de risque de verbalisation pour elle-même.
Ces radars sont conçus pour cibler les conducteurs ayant de grands excès de vitesse, avec une marge technique de 10 km/h pour des limitations inférieures à 100 km/h et de 10 % pour des limitations supérieures. Par exemple, un véhicule sera flashé à partir de 146 km/h sur autoroute, 124 km/h sur une voie express, ou 61 km/h en agglomération.
Concernant la rumeur selon laquelle les voitures-radar roulent plus lentement pour piéger les conducteurs, la Sécurité routière a réfuté cette théorie. Un représentant a affirmé que « les conducteurs de ces voitures ont l’obligation contractuelle de circuler à une vitesse adaptée au flot normal de circulation ». S’ils roulent anormalement lentement, cela peut entraîner des sanctions.
Les entreprises privées qui gèrent ces véhicules ne sont pas rémunérées selon le nombre de flashs effectués, mais plutôt en fonction des kilomètres parcourus. Cela signifie que leur intérêt n’est pas d’augmenter le nombre d’infractions relevées. De plus, elles n’ont pas accès aux données de verbalisations, celles-ci étant réservées à l’État et à la justice.
En conclusion, l’idée d’un « piège organisé » par les voitures-radar privées est donc infondée. Cependant, la sensation d’être flashé sans voir le radar alimente un certain malaise parmi les automobilistes. Le débat sur la sécurité routière et l’efficacité des contrôles de vitesse reste ouvert, mais les faits apportent une lumière nouvelle sur cette question brûlante.