Les conditions de détention des mineurs au dépôt du tribunal de Bobigny suscitent une vive indignation. Des cellules insalubres, sans matelas ni chauffage, ont conduit le barreau de Seine-Saint-Denis à dénoncer, ce mercredi, des traitements « indignes » infligés à des jeunes interpellés lors de manifestations lycéennes. Cette situation fait écho à un précédent scandale, marquant un tournant dans la prise en charge des mineurs dans le système judiciaire.
EN BREF
- Le barreau de Seine-Saint-Denis dénonce des conditions de détention inhumaines pour des mineurs.
- Le procureur de Bobigny s’engage à limiter les présentations nocturnes de mineurs.
- La situation est attribuée à une circulaire du ministre de la Justice pour une réponse pénale rapide.
Dans un communiqué, le procureur de Bobigny, Alexandre de Bosschère, a reconnu que les jeunes n’avaient pas été accueillis dans des conditions acceptables après leur interpellation. Ce constat fait suite à une visite effectuée par des avocats du barreau, qui ont découvert que 17 mineurs avaient passé la nuit dans des cellules sales et froides, sans matelas, se contentant de couvertures de survie.
Cette situation révolte les défenseurs des droits de l’homme et des avocats, qui rappellent qu’il y a un an, ce même dépôt avait été au cœur d’une affaire de viol impliquant des policiers. Suite à cette tragédie, le parquet s’était engagé à ce qu’aucun mineur ne soit détenu dans ces conditions, sauf circonstances exceptionnelles. Pourtant, ce mercredi, le barreau a souligné des manquements graves : des cellules vides, des déchets laissés par des occupants précédents, et des jeunes tremblant de froid.
Les avocats ont également signalé un manque de soins, aucun kit d’hygiène n’ayant été proposé aux mineurs. Un rapport a même documenté des photographies de jeunes allongés à même le sol, illustrant la gravité de la situation. En réponse, le procureur a expliqué que ces images avaient été prises après les opérations de nettoyage matinales, prétendant que les regroupements étaient nécessaires.
En milieu de matinée, une manifestation s’est tenue devant le tribunal, rassemblant environ 200 personnes. Les manifestants ont scandé « libérez nos élèves », dénonçant les interpellations d’une vingtaine de mineurs. La mère d’une lycéenne, qui avait passé la nuit en cellule, a exprimé son inquiétude face à l’état de sa fille, décrivant une scène traumatisante.
Le barreau a clairement établi un lien entre ces événements et une circulaire récente du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a exhorté les procureurs à adopter une réponse pénale rapide et ferme. Alexandre de Bosschère a précisé que la détention de 17 mineurs était exceptionnelle, résultant de l’implication de plusieurs d’entre eux dans une même affaire de vol aggravé.
Elsa Marcel, avocate de certains des adolescents, a souligné sur les réseaux sociaux que tous les mineurs avaient été remis en liberté, révélant que les autorités avaient échoué à respecter les délais réglementaires pour leur présentation devant un juge. Ces événements soulèvent des questions sur le traitement des jeunes dans le système judiciaire et l’engagement des autorités à garantir des conditions dignes pour tous.
Face à cette situation alarmante, le barreau de Seine-Saint-Denis appelle à une prise de conscience collective et à des actions concrètes pour assurer une protection adéquate des mineurs et respecter leurs droits fondamentaux.