Le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de revenir sur sa décision initiale de suspendre les transports publics à Marseille pour la journée de mobilisation prévue ce samedi 24 octobre. Cette mesure, qui visait à interdire les transports en commun, n’a pas réussi à obtenir le consensus nécessaire à sa mise en œuvre, comme l’a expliqué la préfecture dans un communiqué.
EN BREF
- Les transports publics à Marseille ne seront pas suspendus ce 24 octobre.
- Un couvre-feu élargi aux majeurs sera appliqué de 23h à 5h.
- Les manifestations seront interdites pour des raisons de sécurité.
Initialement, le préfet Jacques Witkowski avait annoncé que les transports en commun seraient suspendus pendant 24 heures en raison des manifestations prévues. Cependant, face à l’absence de consensus, cette décision a été annulée, permettant ainsi aux Marseillais de continuer à utiliser les transports publics comme d’habitude.
La préfecture a également précisé que toutes les manifestations, qu’elles soient déclarées ou non, seront interdites dans la ville et dans le département des Bouches-du-Rhône. Cette interdiction a été justifiée par des préoccupations de sécurité, surtout après les incidents de violence survenus lors de précédentes mobilisations.
En parallèle, un couvre-feu, jusqu’alors limité aux mineurs dans certaines zones, sera étendu aux adultes. Il sera en vigueur durant les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi, de 23 heures à 5 heures du matin. Ce couvre-feu s’appliquera également aux abords de bâtiments publics tels que la mairie, la préfecture et le palais de justice, en réponse aux dégradations observées sur ces sites.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a exprimé son désaccord avec la suspension des transports, soulignant que priver près de 900 000 usagers d’un service public ne serait pas une solution adéquate pour prévenir les dégradations. Sur BFMTV, il a affirmé que « les gens qui prennent les transports ne sont pas tous des casseurs, des voyous » et a remis en question l’efficacité d’interdire les manifestations, qui constituent un droit constitutionnel.
« Dire qu’on ne peut plus manifester n’est pas sûr que cela empêchera des casseurs, qui ne sont pas des manifestants », a-t-il ajouté, appelant à une approche qui garantirait à la fois la sécurité et la liberté d’expression des citoyens. Benoît Payan a également évoqué le traumatisme lié aux événements du 17 octobre, où de nombreux commerces avaient été pillés, et a réitéré son souhait de protéger sa ville.
Les autorités continuent donc de naviguer entre la nécessité de maintenir l’ordre public et le respect des droits de manifestation, dans un contexte où la tension sociale est palpable. La mobilisation du 24 octobre s’annonce sous haute surveillance, avec des mesures strictes de sécurité mises en place pour éviter de nouveaux débordements.
À l’approche de cette journée de mobilisation, la ville de Marseille se prépare à un événement qui pourrait s’avérer déterminant pour l’avenir de ses politiques de sécurité et de gestion de l’ordre public.