Mobilisation en France : Vers des manifestations hebdomadaires à partir du 31 octobre ?

La mobilisation sociale en France, qui a connu un regain d’intensité ces dernières semaines, se poursuit avec des appels à de nouvelles manifestations. Le samedi 24 octobre, le ministère de l’Intérieur a dénombré 410 000 manifestants, tandis que la CGT évoque un chiffre de 800 000, à égalité avec celui du 17 octobre. Ces rassemblements, qui ont fédéré des lycéens, étudiants, enseignants et retraités, pourraient annoncer le retour d’un mouvement hebdomadaire similaire aux « gilets jaunes » de 2018.

EN BREF

  • Mobilisations des 17 et 24 octobre comptent jusqu’à 800 000 manifestants.
  • Emmanuel Macron appelle à maintenir le « calme » lors des prochaines manifestations.
  • Des craintes de violences pourraient freiner la participation des manifestants.

Le président Emmanuel Macron, lors d’une visite à Marseille, a exprimé sa volonté de garantir le « calme » lors des prochaines manifestations prévues pour le 31 octobre. Ce dernier a reconnu que cette date pourrait être « à risque », un terme qui rappelle les tensions qui ont émaillé les précédentes mobilisations. Ce climat d’incertitude s’accompagne d’un appel à une journée nationale de grèves et de manifestations le jeudi 5 novembre, lancé par les syndicats.

Un retour aux manifestations hebdomadaires ?

Les récents rassemblements semblent rappeler les « samedis » des « gilets jaunes », qui avaient débuté en novembre 2018. À l’époque, les manifestations avaient lieu chaque semaine, mais le nombre de participants avait progressivement diminué. Ce phénomène pourrait-il se reproduire en 2026 ? Virginie Tisserant, historienne et chercheuse associée à Aix-Marseille-Université, souligne que la réussite de telles mobilisations dépendra de la capacité de la société à se rassembler autour de cette cause.

« Est-ce que les autres générations, les classes moyennes vont se mobiliser ? » interroge-t-elle, en rappelant que les grandes mobilisations commencent souvent par une étincelle collective. La crainte d’un « basculement politique » cette année semble également peser dans les esprits, évoquant des souvenirs des luttes passées.

Les craintes liées aux violences en marge des mobilisations

Cependant, les souvenirs des violences survenues lors des précédentes manifestations laissent planer une ombre sur la participation. Manon et Thomas, un couple de trentenaires ayant vécu leur première expérience de gaz lacrymogène à Angers, ont partagé leur appréhension. « Ça fait un peu peur », confie Manon, tandis que son compagnon exprime son hésitation à rejoindre de nouveaux cortèges.

Élise, une Montreuilloise, a également témoigné de son anxiété après avoir vécu une crise d’angoisse dans le métro, en pleine préparation pour rejoindre le cortège parisien. « Est-ce que je vais finir éborgnée ? » se demande-t-elle, consciente des risques associés aux manifestations.

Face à ces inquiétudes, certains, comme Élise, envisagent de participer à des rassemblements organisés par les syndicats, jugés plus sécurisés et mieux encadrés. Cette dynamique pourrait influencer la manière dont les futures manifestations seront vécues, tant par les organisateurs que par les participants.

Alors que le climat social en France reste tendu, il est clair que les prochaines semaines seront cruciales pour mesurer l’ampleur et la direction de cette nouvelle mobilisation. La question demeure : la société française trouvera-t-elle la force de se rassembler à nouveau sur la voie des manifestations hebdomadaires ?