Rennes : les commerçants du centre-ville mobilisés après des manifestations violentes

À Rennes, la situation est critique pour de nombreux commerçants du centre-ville, qui peinent à rouvrir leurs portes plus de dix jours après une violente manifestation le 17 octobre. Les vitrines de nombreux magasins, souvent recouvertes de panneaux de bois, témoignent des dégâts causés par des actes de vandalisme. Plus d’une soixantaine de commerces ont été saccagés, laissant les professionnels dans l’incertitude et le désespoir.

EN BREF

  • Plus de 60 commerces saccagés à Rennes après la manifestation du 17 octobre.
  • Une pétition lancée par les commerçants pour réclamer des mesures de soutien.
  • Préoccupations croissantes avant une nouvelle mobilisation prévue le 31 octobre.

La capitale bretonne, comme de nombreuses autres villes françaises, a été marquée par des scènes de désolation. Les commerçants, qui espéraient un retour à la normale, se trouvent maintenant confrontés à une situation économique alarmante. « Cela fait des années que l’on subit. Ce que l’on demande simplement, c’est de pouvoir travailler, de nous laisser en paix », déclare Sophie Juban, gérante de deux instituts de beauté et porte-parole de cette communauté de commerçants.

Face à la montée des tensions et à la peur d’une nouvelle vague de violences, les commerçants ont décidé de s’unir. Sophie Juban a ainsi lancé une pétition au nom du Collectif des commerçants, artisans et travailleurs indépendants de Rennes. Bien que le succès soit encore modeste, le nombre de signataires augmente chaque jour. « Nous attendons que nos demandes soient prises en considération par la maire et par la préfète. Nous voulons faire entendre cette majorité silencieuse », ajoute-t-elle.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de nombreux commerces de Rennes signalent des baisses de chiffre d’affaires allant jusqu’à 50 ou 60 %. Les clients, notamment ceux venant de l’extérieur, hésitent à revenir, et les commerçants partagent cette inquiétude. « Les gens qui n’habitent pas Rennes ne viennent plus parce qu’ils ont peur. Et nous aussi », poursuit Sophie Juban, illustrant l’impact direct de la violence sur l’activité commerciale.

Des demandes concrètes pour relancer l’activité

Dans leur pétition, les commerçants expriment des revendications claires, notamment des mesures concrètes pour alléger leur trésorerie. L’une des propositions phares est la suspension de la Taxe locale sur la publicité extérieure. « C’est quand même osé de demander aux entreprises de payer pour leur enseigne alors que certains n’en ont même plus », déplore Sophie Juban. Ce message est soutenu par environ 500 commerçants qui espèrent redorer le blason d’un centre-ville déserté.

Le Collectif appelle également la maire de Rennes, Nathalie Appéré, et la préfète, Emmanuelle Dubée, à prendre des décisions rapides. « Manifester est un droit. Travailler en est un aussi », rappelle le texte de la pétition, soulignant l’importance de la vitalité commerciale pour la ville.

La crainte d’une nouvelle mobilisation prévue le 31 octobre alimente l’inquiétude des commerçants, qui redoutent que le cycle de violence se reproduise. Leurs appels à l’aide ne sont pas uniquement pour leur propre survie, mais aussi pour la sécurité et l’attractivité de tout le centre-ville. À quelques jours de cette nouvelle manifestation, l’urgence de la situation ne fait plus de doute.

Les commerçants de Rennes espèrent ainsi que leur voix sera entendue et que des mesures seront prises pour les aider à se relever. Dans un contexte déjà difficile, la nécessité de restaurer l’attractivité du centre-ville est plus pressante que jamais.