Une nouvelle tragédie ferroviaire a frappé l’Espagne ce mercredi 28 octobre. Une collision entre deux trains dans la région de Castille-La Manche a causé la mort d’au moins 68 personnes et blessé 80 autres. Cet accident survient moins d’un an après un autre drame ferroviaire en Andalousie, qui avait déjà fait 46 victimes lors d’une collision similaire.
EN BREF
- Collision entre un train Renfe et un train Iryo près d’Urda
- Bilan actuel : 68 morts et 80 blessés
- Témoignages de passagers décrivent une scène de chaos
Selon un porte-parole des services d’urgence espagnols, l’accident s’est produit à 8 h 54, heure locale. La collision a eu lieu près de la station d’Urda, située à environ 150 kilomètres au sud de Madrid. Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles (UVI) ont été dépêchés sur les lieux. Alors que le bilan pourrait encore évoluer, les circonstances de l’accident demeurent floues.
Les témoignages des passagers des trains impliqués affluent dans les médias espagnols, apportant des détails poignants sur ce drame. Jesús, un passager du train Renfe, a raconté à la radio Cadena SER qu’il a été « projeté en l’air » durant l’impact. « Je me suis cogné la tête contre le siège devant moi et c’est là qu’on a compris ce qui se passait. On a cru à un déraillement et on a essayé d’aider les personnes les plus mal en point à sortir et à évacuer le plus vite possible », a-t-il expliqué.
Un autre passager, dont le nom n’a pas été divulgué, a décrit un « impact extrêmement violent », précisant qu’il se trouvait dans l’allée et a été projeté de quatre ou cinq sièges. « Il y avait des corps sans vie dans notre wagon », a-t-il déclaré à la radio Onda Cero, ajoutant que son train avait marqué un arrêt sur les voies cinq à dix minutes avant la collision.
Sebastián Herrero, un Sévillan de 46 ans en route pour son travail à Madrid, a corroboré ces récits dans les colonnes d’El Mundo. Il a aussi rapporté avoir été projeté « en l’air pendant environ quatre ou cinq secondes », une expérience qu’il a qualifiée d’« éternité ».
Les descriptions des scènes de chaos qui ont suivi l’accident sont particulièrement marquantes. Pour Jesús, la situation était « une urgence absolue », tant le nombre de blessés était élevé. « Les gens souffrent terriblement. Ça n’en finit plus […] J’ai vu des corps allongés et, je ne suis pas médecin, mais au toucher, ce sont des cadavres », a-t-il partagé.
Sebastián Herrero, dont la voix tremblait encore, a ajouté que, parmi les blessés, beaucoup avaient des nez et des bras cassés. « Nous avons commencé à voir de la fumée partout », a-t-il affirmé, décrivant une scène d’horreur. Il a également reconnu la « chance énorme » qu’il avait d’être dans les voitures avant, qui ont subi moins de dommages.
Un journaliste de Capital Radio, présent dans le train, a précisé que les trois voitures à l’arrière avaient été les plus touchées. « C’est à cet endroit-là que l’on voit les secours sortir des gens et les recouvrir de draps », a-t-il rapporté. Sebastian Herrero a encore ajouté qu’il était comme si « l’on avait posé une bombe » dans ces wagons.
Pour l’heure, la priorité des autorités est de « sortir les gens le plus vite possible », a déclaré Monica Garcia, ministre de la Santé espagnole. Elle a également précisé qu’il n’y avait pas d’informations disponibles sur la cause de l’accident à ce stade.