Trappes : le maire Ali Rabeh accuse le RN de propager la haine après un attentat raciste

Une semaine après un attentat raciste qui a causé la mort d’un individu et blessé sept autres personnes dans les Yvelines, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis vendredi à Trappes. Ce rassemblement avait pour but d’honorer la mémoire des victimes et de dénoncer le racisme ambiant. Le maire de la ville, Ali Rabeh, a profité de cette occasion pour pointer du doigt le Rassemblement national (RN) et ses dirigeants.

EN BREF

  • Ali Rabeh accuse le RN de diffuser la haine après un attentat à Trappes.
  • Le maire demande aux médias de ne pas relayer les discours racistes.
  • Un homme armé a visé des personnes d’origine musulmane lors de l’attaque.

Lors de son discours, Ali Rabeh n’a pas mâché ses mots. Il a déclaré que le Rassemblement national avait « assuré la transmission de la haine à travers les décennies », en s’en prenant directement à Jordan Bardella et Marine Le Pen, deux figures emblématiques du parti. Les noms des dirigeants du RN ont été hués par la foule, témoignant de la colère et de la frustration des manifestants.

Le maire a également réagi aux déclarations controversées de Jordan Bardella, qui a qualifié Trappes de « République islamique en miniature » et a appelé ses partisans à « rendre Trappes à la France ». Ali Rabeh a interpellé le président du RN en déclarant : « Que fait-il d’autre que de presser ses troupes à passer à l’acte ? » Ces mots résonnent particulièrement dans le contexte de l’attentat survenu vendredi dernier.

Ce tragique événement a eu lieu lorsque Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans, a été tué par un homme armé, qui a également blessé sept autres personnes, dont une fillette de 12 ans, gravement touchée à La Verrière. Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a révélé que le suspect avait « spécifiquement ciblé des personnes […] de type musulman ou africain ou nord-africain ». Ce ciblage délibéré soulève des questions sur la propagation de discours de haine dans la société.

Ali Rabeh a également évoqué l’influence des médias sur les discours politiques. Il a dénoncé le rôle de CNews et de l’« empire médiatique » de Vincent Bolloré, appelant les médias « libres » à « tenir la digue » contre la diffusion de propos racistes. Le maire a exhorté les journalistes à « assumer de fermer (leurs) antennes aux racistes condamnés », soulignant ainsi l’importance de la responsabilité médiatique dans la lutte contre le racisme et la violence.

Ce rassemblement à Trappes est un appel à l’unité et à la tolérance. Les manifestants ont défilé avec des pancartes exprimant leur solidarité avec les victimes et leur rejet des discours de haine. Cet événement témoigne d’une volonté collective de résister à la montée du racisme et de défendre les valeurs de fraternité et de respect.

La situation à Trappes, ainsi que les discours qui l’entourent, soulignent la nécessité d’une vigilance constante contre les idéologies extrémistes. Le message porté par Ali Rabeh et les manifestants est clair : la haine ne doit pas avoir sa place dans notre société.