Macron critique les partisans d’une ligne dure avec l’Algérie, Retailleau répond

Lors d’une visite à l’hôpital de Lavelanet, dans l’Ariège, Emmanuel Macron a adressé une pique aux partisans d’une approche hostile envers l’Algérie. Le président a dénoncé ceux qu’il qualifie de « mabouls », qui encouragent une rupture des relations avec le pays nord-africain. Ses déclarations ont rapidement suscité la réaction de Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à l’élection présidentielle de 2027.

EN BREF

  • Emmanuel Macron critique les « mabouls » favorables à une rupture avec l’Algérie.
  • Bruno Retailleau dénonce une stratégie cachant des problèmes plus graves.
  • 38,8% des médecins étrangers exerçant en France sont diplômés en Algérie.

Le président Macron a lancé cette critique lors de sa visite en Ariège, soulignant l’importance de maintenir des relations constructives avec l’Algérie. Il a déclaré : « Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie », mettant ainsi en lumière les tensions qui existent au sein de la classe politique française concernant la politique étrangère vis-à-vis de l’Algérie.

En plus de sa critique des « mabouls », Emmanuel Macron a abordé le sujet des médecins diplômés à l’étranger. Il a fait référence au système Padhue, qu’il a qualifié de « bordel », dénonçant les difficultés rencontrées par les praticiens algériens en France. « C’est des gens remarquables qu’on fait bosser », a-t-il souligné, ajoutant qu’il était nécessaire de faciliter leur intégration au sein du système de santé français.

Au cours de cette visite, il a également évoqué la nécessité d’un dialogue respectueux avec l’Algérie, tout en défendant les intérêts français. « On a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays », a-t-il insisté. Cependant, il a précisé qu’il ne ciblait personne en particulier, bien que la presse ait fait le lien avec Bruno Retailleau.

Bruno Retailleau, se sentant concerné par les déclarations du président, a réagi par communiqué, affirmant que les problèmes soulevés par Macron étaient un « faux prétexte ». Il a insisté sur le fait que le véritable enjeu résidait dans la gestion des obligations de quitter le territoire français (OQTF) pour des individus jugés dangereux. L’ancien ministre a déclaré : « Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France ».

En outre, Retailleau a critiqué la politique de Macron, affirmant que « la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec », et a insisté sur le respect dû à la France dans ses relations avec le régime algérien.

Les chiffres concernant les médecins étrangers exerçant en France sont révélateurs. Au 1er janvier 2025, 19.154 médecins diplômés hors Union européenne étaient inscrits au tableau de l’Ordre des médecins, dont une majorité, soit 38,8%, provenait d’Algérie. Ce chiffre souligne l’importance de ces professionnels dans le système de santé français, malgré les difficultés administratives auxquelles ils font face.

Dans un contexte politique tendu, les échanges entre Macron et Retailleau mettent en lumière les divergences au sein de la classe politique française concernant les relations avec l’Algérie. Alors que le président prône un dialogue constructif, son adversaire politique insiste sur la nécessité d’une approche plus ferme vis-à-vis du régime algérien.