La hausse des prix du carburant, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient et le blocage stratégique du détroit d’Ormuz, a généré un surplus fiscal de **193 millions d’euros** pour l’État français entre mars et avril, selon les déclarations du Premier ministre Sébastien Lecornu. Ce montant, bien que réjouissant pour les finances publiques, suscite de vives inquiétudes chez les automobilistes.
EN BREF
- 193 millions d’euros de surplus fiscal liés à la hausse des prix du carburant.
- Les aides pour les « gros rouleurs » s’élèvent à 380 millions d’euros.
- Pierre Chasseray appelle à une baisse des taxes sur les carburants pour soulager les automobilistes.
Le chef du gouvernement a affirmé que l’intégralité de ce surplus servirait à financer des aides destinées aux **gros rouleurs**, c’est-à-dire aux automobilistes ayant un revenu fiscal par part inférieur ou égal à **16 880 euros** en 2024. Cependant, Anna Creti, professeure d’économie à l’université Paris Dauphine, souligne que ce montant ne couvre pas l’ensemble des besoins. En effet, les aides nécessaires aux gros rouleurs sont estimées à **380 millions d’euros**, laissant un déficit de **187 millions d’euros**.
Ce déséquilibre financier préoccupe également Pierre Chasseray, délégué général de l’association **40 millions d’automobilistes**. Lors d’une intervention sur RMC, il a exprimé son mécontentement, arguant que la situation actuelle pourrait mener à une perte de revenus pour l’État en raison d’une consommation de carburant en baisse. « En avril, nous allons perdre de l’argent car il y a moins de mobilité, moins de croissance, et les Français ne peuvent plus consommer ! », a-t-il déclaré.
Chasseray a également mis en lumière l’impact financier sur les automobilistes qui, en moyenne, dépensent **2000 euros** de carburant par an. Il s’inquiète de la projection pour cette année, qui pourrait atteindre **2300 euros**. Ce dernier appelle à une réforme de la fiscalité sur la mobilité, faisant référence aux **taxes sur les carburants** qui, d’après lui, grèvent le budget des ménages.
Il a également critiqué les décisions politiques qui, selon lui, restreignent les déplacements des Français, citant l’exemple de ministres plaidant pour une taxe sur des petits colis, soulignant ainsi l’absurdité de la situation. Chasseray a martelé que ces **193 millions d’euros** devraient être restitués aux automobilistes, car ils représentent une partie de leurs contributions fiscales.
Le discours de Chasseray a été soutenu par Mickaël, co-gérant d’une société de nettoyage en Savoie. Ce dernier a partagé son indignation face à la situation, affirmant que ces surplus fiscaux devraient bénéficier directement au peuple français. « Nous nous levons tôt pour travailler et utilisons nos voitures jusqu’à tard le soir », a-t-il déclaré, en précisant que ses dépenses en carburant avaient augmenté de **600 euros** par mois, sans qu’il ne soit éligible aux aides.
Pour apaiser la colère des automobilistes et améliorer leur pouvoir d’achat, Chasseray propose d’aligner les taxes françaises sur les recommandations de l’Union européenne, qui suggère une **TVA à 15%** et une réduction des accises (ex-TICPE) à **40 centimes**. Selon ses calculs, cela pourrait réduire le prix d’un litre de carburant de **70 centimes**.
La problématique de la taxation sur les carburants en France est plus que jamais d’actualité. Les automobilistes se sentent pris en étau entre des coûts croissants et des aides insuffisantes, suscitant un appel à la réforme. La question demeure : les autorités entendront-elles l’appel des citoyens ?