À partir du 1er janvier 2027, les communes et départements français pourront installer des radars sur leurs routes. Cette évolution marque la fin du monopole de l’État sur l’implantation de ces dispositifs. Selon les projections d’experts, cela pourrait entraîner l’ajout de 3.000 à 5.000 nouveaux radars d’ici 2037. Une telle perspective suscite des inquiétudes, notamment de la part de l’association 40 Millions d’automobilistes, qui tire la sonnette d’alarme face à cette situation.
EN BREF
- Les communes pourront installer des radars à partir de 2027, mettant fin au monopole de l’État.
- Entre 3.000 et 5.000 nouveaux radars pourraient apparaître d’ici 2037.
- Les maires craignent des dérives politiques liées à l’utilisation de ces dispositifs.
Le délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, souligne que l’augmentation du nombre de radars ne s’accompagne pas d’une diminution des accidents. « La réalité, c’est qu’on a toujours plus de radars, toujours plus d’argent issu des radars, et toujours plus de morts sur les routes », déclare-t-il. Cette affirmation met en lumière une problématique persistante : la présence accrue de radars semble avoir peu d’impact sur la sécurité routière.
Pour que les communes et départements puissent installer ces nouveaux radars, plusieurs conditions doivent être remplies. Ils devront obtenir un avis favorable de la commission départementale de Sécurité routière, et une étude sur l’accidentalité de la zone concernée devra être réalisée. Ce cadre réglementaire vise à garantir que les nouvelles installations sont justifiées et adaptées aux réalités locales.
Il est important de noter que les maires et les conseils départementaux devront financer eux-mêmes ces nouveaux dispositifs, dont le coût peut varier entre 60.000 et 70.000 euros. Les amendes générées par ces radars continueront cependant d’être perçues par l’État, qui reversera ensuite 20 % des montants aux communes. Ce modèle économique soulève des questions sur la rentabilité pour les collectivités locales, qui n’auront pas de retour sur investissement direct.
Malgré ces incertitudes, le nombre de radars pourrait presque doubler, alors qu’on en dénombre déjà près de 5.000 sur les routes françaises. Pierre Chasseray exprime des craintes quant à la possibilité que ces mesures soient utilisées à des fins politiques. « Le risque, c’est que les radars deviennent un objet politique », souligne-t-il, alertant sur le fait que les collectivités fixent également les limites de vitesse. Cela pourrait entraîner des abus, où les radars seraient utilisés pour générer des recettes plutôt que pour améliorer la sécurité routière.
Chasseray propose plusieurs mesures pour s’assurer que les radars ne soient pas perçus comme des dispositifs destinés à piéger les automobilistes. Il appelle à une réflexion sur l’objectif réel de ces installations et sur leur impact sur le comportement des conducteurs. Une approche plus équilibrée et axée sur la prévention devrait être envisagée pour véritablement améliorer la sécurité sur les routes.
En somme, la décentralisation de l’installation des radars pourrait avoir des conséquences significatives sur la sécurité routière en France. Alors que les collectivités locales se préparent à cette nouvelle réalité, il est essentiel de rester vigilant sur l’utilisation de ces dispositifs et d’assurer qu’ils servent avant tout à protéger les usagers de la route.