Hantavirus sur le MV Hondius : une épidémie révélée par des chercheurs sud-africains

Une épidémie d’hantavirus à bord du bateau de croisière MV Hondius a provoqué une mobilisation sanitaire d’envergure. Les autorités sanitaires, sous la direction de Lucille Blumberg, ont rapidement agi pour identifier les cas et comprendre les voies de transmission, ouvrant ainsi la voie à une alerte internationale.

EN BREF

  • Une épidémie d’hantavirus a été confirmée sur le MV Hondius.
  • Deux personnes sont décédées, dont une Néerlandaise après son séjour sur le bateau.
  • Les autorités sanitaires enquêtent sur les cas contacts et les voies de transmission.

Tout a commencé le vendredi 1er mai 2026, lorsque Lucille Blumberg, spécialiste des maladies infectieuses à l’Institut national des maladies transmissibles en Afrique du Sud, a reçu un message alarmant. Ce dernier faisait état d’une maladie inconnue à bord du MV Hondius, un bateau de croisière. Ce week-end prolongé s’est rapidement transformé en une course contre la montre pour déterminer l’origine de cette maladie, alors que plusieurs passagers présentaient des symptômes inquiétants.

Le message provenait d’un consultant en santé pour les territoires britanniques d’outre-mer, qui relatait le décès d’un Néerlandais à bord du navire. Sa conjointe, débarquée en Afrique du Sud, avait également succombé à une maladie mystérieuse quelques jours plus tard. Le consultant mentionnait également un cas britannique, hospitalisé à Johannesburg avec des symptômes de pneumonie, mais dont tous les tests habituels s’étaient révélés négatifs.

Face à cette situation préoccupante, Lucille Blumberg a agi rapidement, demandant des prélèvements supplémentaires pour des analyses plus poussées. Dès le lendemain, elle avait l’intuition que l’hantavirus était en cause, principalement en raison des récents voyages des passagers en Argentine et au Chili, où cette maladie est endémique.

Le test pour l’hantavirus a confirmé ses soupçons : « La personne qui s’en est chargée a dit : ‘Oh mon dieu’ », se souvient-elle. La confirmation rapide de l’hantavirus a conduit les autorités à alerter l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à entamer des recherches sur les cas contacts.

En repensant au décès de l’épouse néerlandaise, Lucille Blumberg a demandé si des échantillons sanguins étaient encore disponibles. Heureusement, ceux-ci avaient été conservés au-delà du délai habituel, permettant ainsi de confirmer qu’elle était également infectée par le virus.

À ce jour, les autorités sanitaires ont confirmé trois cas d’hantavirus liés à cette épidémie, dont deux décès. Le dernier cas, un passager traité à Zurich, est également sous surveillance. Selon l’OMS, plusieurs autres cas suspects sont en cours d’investigation.

Le hantavirus se transmet généralement par l’intermédiaire de rongeurs infectés. Les patients actuellement hospitalisés en Afrique du Sud et en Suisse ont tous été infectés par la souche ‘Andes’, la seule connue pour se transmettre entre humains. Cependant, Lucille Blumberg souligne que cette transmission est rare, avec seulement deux foyers épidémiques documentés dans la littérature médicale.

Manuel Schibler, directeur du laboratoire de virologie des hôpitaux universitaires de Genève, a précisé que des travaux de séquençage du génome viral étaient en cours pour établir des liens avec d’éventuelles sources d’infection. Lucille Blumberg a appelé à la patience, tout en saluant l’efficacité de l’OMS dans la coordination des efforts de recherche.

Cette situation rappelle l’importance de la vigilance en matière de santé publique, surtout dans le contexte des voyages internationaux. Alors que les passagers du MV Hondius sont désormais rentrés chez eux, l’épidémie met en lumière les défis liés aux maladies émergentes et la nécessité d’une coopération internationale pour endiguer de telles crises.