Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, refuse d’accrocher le portrait de Macron

Depuis son Ă©lection, Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, suscite un vif intĂ©rĂȘt mĂ©diatique. DerniĂšrement, il a fait parler de lui en refusant d’accrocher le portrait d’Emmanuel Macron dans sa mairie, une dĂ©cision qui a provoquĂ© des rĂ©actions au sein de l’opposition politique. Dans une interview diffusĂ©e sur LCI, le 4 mai 2026, il a dĂ©clarĂ© qu’il maintiendrait le portrait retournĂ© « tant que la RĂ©publique n’était pas en capacitĂ© de corriger les inĂ©galitĂ©s ».

EN BREF

  • Bally Bagayoko refuse d’accrocher le portrait de Macron dans sa mairie.
  • Le prĂ©fet de la Seine-Saint-Denis a demandĂ© le respect de cette tradition rĂ©publicaine.
  • Accrocher le portrait n’est pas une obligation lĂ©gale, mais une tradition.

Cette prise de position a provoquĂ© un dĂ©bat intense, soulignant la tension entre les valeurs rĂ©publicaines et les choix politiques d’un maire qui se positionne en faveur d’une lutte contre les inĂ©galitĂ©s. Il est intĂ©ressant de noter que, bien que traditionnellement, le portrait du prĂ©sident soit affichĂ© dans les mairies, rien n’y oblige lĂ©galement. Ce point a Ă©tĂ© rappelĂ© par le prĂ©fet Julien Charles, qui a adressĂ© une lettre Ă  Bally Bagayoko pour lui demander de remettre le portrait en place.

Historiquement, l’accrochage du portrait du prĂ©sident remonte Ă  Adolphe Thiers, qui fut le premier Ă  instituer cette pratique lors de son mandat de 1871 Ă  1873. Cette tradition s’est solidifiĂ©e au fil des annĂ©es, devenant presque une norme dans les institutions publiques. Toutefois, il est essentiel de souligner que cette habitude ne constitue pas une obligation lĂ©gale, mais bien un usage. Le maire de Saint-Denis, en refusant de se plier Ă  cette tradition, soulĂšve des questions sur la symbolique du portrait prĂ©sidentiel et son rĂŽle dans la reprĂ©sentation des valeurs rĂ©publicaines.

Le refus de Bally Bagayoko de suivre cette tradition peut ĂȘtre perçu comme un acte de dĂ©fiance Ă  l’Ă©gard du gouvernement et des normes Ă©tablies, mais il est Ă©galement une manifestation de son engagement politique. En tant que maire LFI, il semble vouloir incarner une vision alternative de la RĂ©publique, une RĂ©publique qui priorise l’égalitĂ© et la justice sociale. Sa dĂ©cision pourrait inspirer d’autres Ă©lus Ă  remettre en question les pratiques traditionnelles en matiĂšre de reprĂ©sentation politique.

À Saint-Denis, oĂč les inĂ©galitĂ©s sociales sont particuliĂšrement marquĂ©es, le choix de ne pas accrocher le portrait du prĂ©sident pourrait Ă©galement rĂ©sonner comme un acte symbolique fort. C’est un moyen de rappeler que la RĂ©publique doit d’abord s’attaquer aux inĂ©galitĂ©s avant de se concentrer sur des symboles. La rĂ©ponse Ă  cette dĂ©cision, tant au niveau local qu national, sera sans doute suivie de prĂšs, alors que le paysage politique français continue d’évoluer.

En somme, la dĂ©cision de Bally Bagayoko d’afficher son dĂ©saccord avec une tradition rĂ©publicaine tĂ©moigne des tensions persistantes au sein de la politique française. Ce dĂ©bat sur la lĂ©gitimitĂ© du portrait prĂ©sidentiel dans les mairies pourrait ouvrir la voie Ă  des discussions plus larges sur le rĂŽle des symboles dans notre dĂ©mocratie. Le maire de Saint-Denis, en refusant d’accrocher ce portrait, ne fait pas seulement un choix esthĂ©tique, mais pose Ă©galement une question profonde sur l’identitĂ© et les valeurs de la RĂ©publique française.