À l’approche du baccalauréat, qui concerne plus de deux millions de lycéens, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé des mesures visant à renforcer les exigences en matière de maîtrise de la langue. Dans une circulaire diffusée le 7 mai, il a déclaré que « les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac ». Cette annonce a suscité de vives réactions, notamment celle de Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat des enseignants du second degré.
EN BREF
- Le ministre de l’Éducation souhaite renforcer les exigences en orthographe pour le bac.
- Sophie Vénétitay dénonce le manque de soutien aux élèves en difficulté.
- En 30 ans, le nombre de fautes d’orthographe a presque doublé en CM2.
Lors d’un entretien accordé au Figaro, Édouard Geffray s’est adressé à « tous les personnels de l’Éducation nationale » sans consultation des syndicats. La prise de parole du ministre souligne une volonté de redonner de l’importance à la maîtrise du langage, un aspect considéré comme essentiel pour la réussite des élèves. Cependant, Sophie Vénétitay a réagi avec fermeté, critiquant la facilité avec laquelle le ministre semble vouloir sanctionner les élèves sans prendre en compte le contexte complexe de leur apprentissage.
Selon une étude récente du ministère de l’Éducation, le nombre moyen de fautes d’orthographe en CM2 a presque doublé au cours des trois dernières décennies, passant de 10,7 à 19,4 fautes par dictée. Ce constat met en lumière les faiblesses persistantes dans l’enseignement de la langue française. Sophie Vénétitay a souligné qu’imposer des exigences plus strictes à quelques semaines des épreuves ne permettra pas d’inverser cette tendance. « Il faut reconnaître que les élèves français ont effectivement des fragilités », a-t-elle déclaré.
Bien que la position du ministre puisse sembler justifiée, elle a été remise en question par le timing de cette annonce. Vénétitay a plaidé pour des mesures concrètes et un soutien accru aux élèves en difficulté, affirmant que l’école doit être en mesure d’accompagner ceux qui en ont le plus besoin. « Aujourd’hui, l’école n’est pas en mesure d’aider les élèves les plus en difficulté, d’assurer le soutien, de faire en sorte qu’on travaille au plus près des élèves », a-t-elle précisé. Cette situation, selon elle, mérite une attention particulière avant même d’imposer des exigences supplémentaires.
La question se pose donc : comment le ministère de l’Éducation compte-t-il véritablement aider les élèves à surmonter leurs difficultés en matière de langue ? La réponse à cette interrogation est cruciale pour l’avenir des jeunes qui se préparent à passer le baccalauréat dans un contexte de tensions croissantes autour des exigences scolaires.
Le débat sur l’orthographe et la maîtrise du langage soulève également des enjeux plus larges, notamment en matière d’égalité des chances pour les élèves issus de milieux divers. Le ministre devra donc naviguer avec soin entre la nécessité de maintenir des standards élevés et la réalité des défis auxquels font face de nombreux élèves. La communauté éducative attend désormais des actes concrets pour accompagner les élèves vers la réussite.