Refus du Portugal d’exécuter le mandat d’arrêt européen contre Cédric Prizzon

La cour d’appel de Coimbra a annoncé son refus d’exécuter le mandat d’arrêt européen émis par la France contre Cédric Prizzon, un ancien policier accusé d’homicides. Ce refus, rendu public le 6 mai 2026, soulève de nombreuses questions sur la coopération judiciaire entre la France et le Portugal.

EN BREF

  • La justice portugaise refuse d’exécuter le mandat d’arrêt européen contre Cédric Prizzon.
  • Prizzon est accusé d’avoir tué sa compagne et son ex-compagne au Portugal.
  • Les corps des victimes ont été retrouvés dans le district de Bragança.

Ce mandat d’arrêt avait été émis en mars par la France, suite à des accusations graves. Cédric Prizzon, âgé de 42 ans, est suspecté d’avoir tué Audrey Cavalié, son ex-compagne, et Angela Legobien, sa compagne actuelle, dont les corps ont été découverts enterrés dans une zone isolée du nord-est du Portugal. Leurs décès, survenus dans un contexte tragique, ont suscité une onde de choc dans leurs familles et au-delà.

Selon la cour d’appel de Coimbra, la décision de ne pas exécuter le mandat repose sur le fait que les crimes présumés ont été commis en partie ou totalement sur le territoire portugais. De plus, une procédure judiciaire relative à ces faits a déjà été ouverte au Portugal, rendant ainsi difficile l’extradition vers la France.

Les circonstances de l’arrestation de Prizzon sont également marquantes. Ce dernier a été interpellé lors d’un contrôle routier le 24 mars 2026, dans la région de Guarda, un événement qui a rapidement attiré l’attention des médias et des autorités judiciaires.

Les mères des victimes, profondément affectées par cette tragédie, ont exprimé leur souhait que le suspect soit jugé en France. L’avocate de la mère d’Angela Legobien, Elsa Cazor, a souligné dans un communiqué que les autorités portugaises manquent de transparence, ne fournissant aucune information sur le dossier, ce qui constitue un droit fondamental pour une partie civile.

Ce refus de la justice portugaise pose des questions sur la coopération judiciaire en Europe, notamment sur l’efficacité des mandats d’arrêt européens. Les enjeux soulevés par cette affaire dépassent la simple juridiction et touchent à la confiance entre les États membres de l’Union européenne.

Pour l’heure, Cédric Prizzon demeure en détention au Portugal, alors que l’enquête se poursuit. Les prochaines étapes de la procédure judiciaire, tant au Portugal qu’en France, seront scrutées de près. Ce dossier, déjà complexe, pourrait prendre des tournures inattendues, en fonction des décisions prises par les juridictions des deux pays.

La situation demeure tendue et les familles des victimes attendent des réponses. La justice devra naviguer avec soin entre les législations nationales tout en respectant les droits des parties impliquées. Les répercussions de cette affaire pourraient influencer la manière dont les futurs mandats d’arrêt européens seront traités entre les États membres.