Le président américain Donald Trump a annoncé, ce vendredi, un cessez-le-feu de trois jours entre l’Ukraine et la Russie, prenant effet dès demain. Cette initiative vise à établir une trêve qui pourrait marquer, selon Trump, le « début de la fin » d’un conflit qui perdure depuis plusieurs années. Malgré cette annonce, les tensions demeurent élevées, chaque camp poursuivant ses offensives.
EN BREF
- Donald Trump déclare un cessez-le-feu de trois jours entre l’Ukraine et la Russie.
- Les deux pays continuent de s’attaquer par drones malgré l’annonce.
- Des négociations entre Kiev et Washington sont en cours pour un échange de prisonniers.
Cette trêve, qui coïncide avec les célébrations du 9-Mai en Russie, a été annoncée sur la plateforme Truth Social par Donald Trump, qui a exprimé l’espoir que cet accord soit un pas vers une résolution pacifique du conflit. En parallèle, Moscou avait déjà prévu une trêve pour ces commémorations, bien que des frappes de drones aient continué des deux côtés après l’annonce.
Dans son message, Trump a détaillé que le cessez-le-feu serait assorti d’un échange de 1 000 prisonniers de chaque pays. Cette annonce a suscité une certaine prudence à Kiev, où le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné à ses forces de ne pas attaquer durant les festivités prévues sur la place Rouge.
Les tensions demeurent palpables, notamment en raison des menaces de Moscou. La Russie avait averti qu’une attaque ukrainienne durant le défilé du 9-Mai entraînerait une riposte massive. Des habitants de Kiev, interrogés par l’AFP, ont exprimé leur scepticisme face à ces menaces, certains considérant cela comme une routine. Vassyl Kozar, un employé de banque, a notamment déclaré : « Il ne se passera rien de nouveau. »
Le climat de méfiance est tel que des sources au sein du gouvernement ukrainien, avant l’annonce de Trump, ont fait savoir qu’aucune mesure de sécurité spécifique n’était prévue pour la journée du défilé. « On fait simplement un doigt d’honneur », a commenté une députée sous couvert d’anonymat.
Depuis le début de l’invasion russe en 2022, ce conflit est devenu le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, entraînant des pertes humaines considérables des deux côtés. Volodymyr Zelensky a d’ailleurs accusé Moscou de ne pas respecter les termes de la trêve qu’elle avait elle-même décrétée. Selon des informations recueillies, l’armée de l’air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé 67 drones au cours de la nuit, un chiffre relativement faible par rapport aux semaines précédentes.
Les hostilités continuent de part et d’autre. Un drone ukrainien a causé la mort d’un homme et de sa fille dans la région de Kherson, occupée par les Russes. De son côté, Zelensky a salué une frappe ukrainienne ciblant un dépôt pétrolier dans la région de Iaroslav, tandis que les forces ukrainiennes ont également rapporté avoir frappé une raffinerie en Russie.
En réponse à ces attaques, plusieurs aéroports russes ont été fermés, et Vladimir Poutine a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, qualifiant la frappe ukrainienne d' »acte terroriste ». Sur le terrain, la défense aérienne russe a annoncé avoir intercepté un nombre significatif de drones ukrainiens, soulignant l’intensité de ces affrontements.
Alors que le défilé du 9-Mai se profile, la Russie a annoncé qu’aucun équipement militaire ne serait présent, une première en près de deux décennies. Parallèlement, des coupures d’internet ont été observées à Moscou, dans un contexte de tensions exacerbées.
Dans ce contexte complexe, l’avenir du cessez-le-feu reste incertain, alors que les négociations se poursuivent entre les parties impliquées. Les prochaines heures s’annoncent cruciales pour l’évolution de cette situation déjà volatile.