Quatre frères et sœurs, aujourd’hui adultes, brisent le silence sur leur proche relation avec Michael Jackson. Dans une interview diffusée par 60 Minutes Australia, ils témoignent d’abus sexuels qui auraient perduré pendant un quart de siècle, révélant des détails troublants sur leur enfance aux côtés du roi de la pop.
EN BREF
- Quatre frères et sœurs racontent leur expérience d’abus sexuels par Michael Jackson.
- Des témoignages choquants révèlent un processus de manipulation et de contrôle.
- L’avocat représentant la succession de Jackson qualifie ces accusations de tentative de chantage.
Cette histoire commence dans les années 1980, au Helmsley Palace Hotel de New York, où le père des Cascio, Dominic Sr., a rencontré Michael Jackson. En quelques mois, il est devenu un ami proche de la superstar, ouvrant la porte à ses enfants pour une vie de privilèges. Eddie, Aldo, Dominic et Marie-Nicole Cascio ont ainsi grandi sous l’aile de Jackson, voyageant dans son jet privé et passant Noël à Neverland.
Eddie, aujourd’hui âgé de 43 ans, se souvient de sa première rencontre avec Jackson à l’âge de 2 ans. Les souvenirs d’un enfant émerveillé par la célébrité se mêlent aujourd’hui à des récits tragiques d’abus. « Il nous faisait sentir qu’on était sa famille, ses enfants, son tout », confie-t-il. Pourtant, derrière cette façade dorée se cache une réalité bien plus sombre.
Les Cascio décrivent un mécanisme de manipulation connu sous le nom de grooming, où Jackson les aurait isolés et conditionnés à accepter des abus sexuels. Dominic résume cette vulnérabilité : « Quand la plus grande superstar du monde dans les années 80 veut être ton ami, tu es vulnérable et facilement manipulable. » Les enfants passaient des vacances à Neverland, où ils partageaient des chambres avec Jackson, sans que personne ne soupçonne les abus en cours.
Les abus, selon Eddie, ont commencé en 1993 lors de la tournée Dangerous. À seulement 11 ans, il partageait la chambre de Jackson, où ont eu lieu des caresses inappropriées et des baisers. Les récits des Cascio sont accablants : Dominic évoque un « jeu » où Jackson l’entraînait dans des actes sexuels, tandis que Marie-Nicole raconte des situations où elle était exploitée par le chanteur.
Les Cascio évoquent également un autre aspect troublant de leur relation avec Jackson : la consommation de drogues et d’alcool. Ils affirment que Jackson leur fournissait des substances, allant jusqu’à donner des noms de code à certaines boissons, comme le « Jesus juice » pour du vin. Marie-Nicole se souvient avoir reçu du Xanax et du Vicodin à un jeune âge, ce qui soulève des questions sur l’emprise que Jackson exerçait sur eux.
Les préparations orchestrées par Jackson pour les enfants, afin qu’ils nient toute forme d’abus, illustrent encore davantage le contrôle qu’il avait sur leur vie. « On était conditionnés à défendre l’idée que rien d’anormal ne se passait », expliquent-ils. Pendant des années, ils ont soutenu Jackson publiquement, même lors de ses démêlés judiciaires.
Ces révélations s’ajoutent à un contexte où d’autres personnalités du milieu du divertissement ont également été accusées de manipulations similaires. L’affaire Michael Jackson, longtemps perçue comme close, fait resurgir des débats sur l’exploitation des enfants dans l’industrie du spectacle.
Face à ces accusations, l’avocat Marty Singer, représentant la succession de Jackson, a dénoncé ces témoignages comme une « tentative de soutirer de l’argent » à la famille de l’artiste décédé. Cette stratégie de défense, qui consiste à affirmer que les plaignants cherchent à tirer profit des allégations, n’est pas nouvelle. Cependant, avec des témoignages concordants et des détails troublants, la succession de Jackson se retrouve dans une position de plus en plus difficile.
Les Cascio espèrent que leur courage à parler contribuera à faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé. L’affaire, qui semblait enterrée, pourrait bien s’ouvrir sur un nouveau chapitre, entraînant avec elle des interrogations quant à la responsabilité des figures emblématiques du divertissement face à de telles accusations.