Cinq mois après leur déploiement généralisé dans les transports publics, les caméras-piétons semblent faire l’unanimité. Face à l’augmentation des incivilités, plus de la moitié des 11 000 contrôleurs de France sont désormais équipés de ce dispositif, selon le ministère des Transports. Les premières données montrent que chez l’opérateur Ouigo, le nombre d’outrages et d’agressions a chuté de 50% depuis leur introduction.
EN BREF
- Les caméras-piétons sont déployées chez plus de la moitié des contrôleurs français.
- Chez Ouigo, les agressions ont diminué de 50% grâce à ce dispositif.
- Les premiers retours montrent une dissuasion efficace des comportements agressifs.
Introduites depuis le 19 décembre dernier, les caméras-piétons sont devenues un outil essentiel pour les contrôleurs des transports. Ce dispositif fait partie de la loi sur la sécurisation des transports, adoptée il y a un an, et avait été testé avec succès entre 2021 et 2024, période durant laquelle les agressions avaient déjà baissé de 35%.
La SNCF rapporte que, bien qu’environ 30% des contrôleurs utilisent régulièrement cette technologie, les effets positifs sont déjà visibles. Aucun accident du travail avec arrêt n’a été enregistré depuis le début de l’année lorsque la caméra était en service. Cela démontre que sa présence peut dissuader les comportements à risque, même si le niveau global des agressions reste préoccupant.
Une technologie sécuritaire adaptée aux enjeux contemporains
Dans les trains, métros et bus, les contrôleurs sont désormais équipés de caméras-piétons, conçues pour dissuader les agressions. À la SNCF, la totalité des 2 900 contrôleurs porte ce dispositif. Nicolas, un contrôleur TGV, décrit son utilisation : « C’est un petit appareil en plastique qui fait 10 centimètres sur 8 et qu’on porte sur la poitrine. Ça ressemble aux appareils photo de l’époque, mais en plus petit. » Il témoigne de l’impact positif sur le comportement des usagers, notant qu’il peut calmer les situations tendues.
Il raconte une anecdote lors d’une verbalisation houleuse à la gare de Laval : « La personne qui montait dans les tours, ça ne l’a pas arrêtée. En revanche, la personne qui est venue me chercher sur le quai, quand elle a remarqué la caméra, elle m’a pris par la main et m’a dit de partir. » Ce témoignage illustre comment la simple présence d’une caméra peut influencer le comportement des usagers.
Réactions des syndicats et perspectives d’avenir
À la RATP, l’introduction de ces caméras a également été bien accueillie. Cyril Manach, responsable Force ouvrière, souligne que les agents constatent une désescalade des conflits grâce à cet outil. Bien que les agressions n’aient pas diminué, l’usage de la caméra pourrait freiner leur progression. Selon lui, il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet de cette initiative.
Les retours des agents de la RATP sont encourageants, mais la prudence demeure quant à l’évaluation complète des effets de ce dispositif. La société souligne que des analyses plus approfondies seront nécessaires pour mesurer son impact à long terme.
En somme, les caméras-piétons apparaissent comme une réponse pertinente aux enjeux de sécurité rencontrés dans les transports publics. Leur déploiement généralisé, soutenu par les résultats positifs observés chez Ouigo et la SNCF, ouvre la voie à une transformation potentielle des comportements au sein des transports collectifs. Les mois à venir seront décisifs pour évaluer l’efficacité de cette mesure et son adoption par tous les acteurs concernés.