Expertise psychiatrique conclut à l’abolition du discernement du suspect dans l’affaire des corps retrouvés dans la Seine

Neuf mois après la découverte tragique de quatre corps d’hommes dans la Seine à Choisy-le-Roi, une expertise psychiatrique a révélé que le suspect, Monji H., un sans-abri tunisien de 28 ans, souffrait d’un trouble schizophrénique entraînant une abolition de son discernement. Cette conclusion, consultée par l’AFP, soulève des questions sur la responsabilité pénale de l’individu.

EN BREF

  • Monji H. souffre d’un trouble schizophrénique selon une expertise psychiatrique.
  • Les corps retrouvés dans la Seine à Choisy-le-Roi appartenaient à quatre hommes.
  • La défense souhaite une contre-expertise avant tout procès.

Le 13 août 2025, les corps d’Abdellah M., Amir B., Sami K. et un quatrième homme, dont la famille préfère garder l’anonymat, ont été retrouvés dans la Seine à proximité de la gare RER de Choisy-le-Roi. Monji H. a été interpellé une semaine plus tard, vivant dans un local désaffecté près de la scène du crime. Son interpellation a été suivie d’une mise en examen pour ces meurtres, mais l’expertise psychiatrique a révélé une réalité complexe.

Selon le rapport, Monji H. présentait des manifestations psychotiques envahissantes, ce qui a conduit les experts à conclure à son incapacité à comprendre ses actes au moment des faits. « Les faits sont en lien direct avec l’existence d’une pathologie psychotique non traitée, » a précisé l’expert. Ce diagnostic remet en question la possibilité de sanctions pénales contre lui.

Les propos de Monji H. lors de ses interrogatoires sont troublants. Il a expliqué avoir perçu des visions mystiques, déclarant : « J’ai commencé à voir des nuages… c’était la première fois que je voyais ça. » Il a associé ses hallucinations à des impulsions violentes, affirmant avoir étranglé l’une des victimes en raison de ces visions. Des déclarations inquiétantes qui correspondent à un état mental fortement altéré.

L’association STOP Homophobie, mobilisée sur cette affaire, avait évoqué une possible motivation homophobe en raison du lieu où les corps ont été découverts, connu pour être un lieu de rencontres gay. Bien que cette piste ait été initialement explorée par les enquêteurs, elle n’est pas mentionnée dans le rapport d’expertise.

Les avocats de Monji H. ont pris acte de cette expertise, tandis que la famille de l’une des victimes, représentée par Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, s’inquiète des implications de ce diagnostic sur un éventuel procès. « Nous ne nous satisfaisons jamais d’une seule expertise », a déclaré l’avocat, soulignant l’importance d’une contre-expertise pour comprendre les motivations du suspect et confronter l’auteur présumé des meurtres.

La conclusion de l’expertise a ainsi ouvert un débat sur la santé mentale dans le cadre des actes criminels et sur la nécessité d’un suivi psychiatrique pour des individus présentant de telles pathologies. La demande d’hospitalisation et d’évaluation psychiatrique par un représentant de l’État a été recommandée, soulignant la complexité de cette affaire qui continue de susciter l’intérêt et l’inquiétude au sein de la société.